Décollage de la première expérience chinoise à destination de la station spatiale internationale

WASHINGTON, 5 juin (Xinhua) — SpaceX a lancé samedi une cargaison de matériel pour les astronautes vivant à bord de la Station spatiale internationale (ISS), transportant pour la première fois une expérience conçue de manière indépendante par la Chine.

L’astronef Dragon de SpaceX a décollé du Centre spatial Kennedy en Floride, propulsé par une fusée Falcon 9 de cette même compagnie, à 17h07 heure de l’est des États-Unis (21h07 GMT).

Environ dix minutes plus tard, SpaceX a procédé avec succès à l’atterrissage du premier étage de la fusée, sur la zone d’atterrissage n°1 de l’entreprise, située juste au sud du site de lancement sur la base aérospatiale de Cap Canaveral, dans le cadre de ses efforts de développement de fusées réutilisables.

Pour ce voyage, le Dragon transporte près de 2,7 tonnes de matériel comprenant des panneaux solaires, des outils pour l’observation de la Terre et du matériel pour étudier les étoiles à neutron. Il a atteint la station spatiale lundi.

UNE EXPÉRIENCE CHINOISE

Parmi cette cargaison figure un appareil de 3,5 kilogrammes conçu par l’Institut technologique de Beijing pour répondre à des questions telles que “les radiations spatiales et la microgravité provoquent-elles des mutations dans les gènes d’encodage des anticorps, et comment cela se produit-il ?”

Cette charge chinoise a été mentionnée pour la première fois en 2015, lors de la passation d’un accord avec NanoRacks, une compagnie basée à Houston qui propose des services pour l’utilisation commerciale de la station spatiale.

En application de cet accord, NanoRacks livrera l’appareil étudiant l’effet de l’environnement spatial sur l’ADN à la partie américaine de la station et les astronautes sur place procèderont à des études au moyen de cet appareil dans les deux semaines suivant environ, après quoi les données produites seront renvoyées aux chercheurs chinois.

Il existe une loi spatiale, connue sous le nom d’amendement Wolf, qui interdit la coopération entre l’agence spatiale américaine, la NASA, et des entités relevant du gouvernement chinois, cependant cet accord est considéré comme purement commercial et par conséquent autorisé.

La porte-parole de la NASA, Kathryn Hambleton, a confirmé à Xinhua qu’une expérience chinoise était menée dans le cadre de cette mission, baptisée SpaceX CRS-11.

“La NASA a respecté toutes les obligations légales d’informer le Congrès de cette activité, et tous les partenaires de l’ISS ont validé l’inclusion de cette expérience (dans la mission)”, a déclaré Mme Hambleton dans un courrier électronique.

“Ce n’est pas la première expérience chinoise à être menée à bord de la Station spatiale internationale (ISS)” a indiqué la porte-parole. “Des scientifiques chinois ont mené ou participé à des expériences internationales effectuées à ord de l’ISS, y compris pour l’étude du spectre magnétique alpha à bord de l’ISS”.

UNE ÉTAPE POSITIVE

De son côté, le professeur Deng Yulin, qui dirige ce projet de recherche chinois, a indiqué que c’était la première fois qu’une expérience menée à bord de l’ISS était conçue par la Chine de manière indépendante.

“Cette coopération n’enfreint aucune loi ou réglementation, y compris l’amendement Wolf. Nous procédons d’une manière ouverte et publique”, a dit M. Deng à Xinhua. “C’est un nouveau modèle de coopération que nous pourrons suivre à l’avenir.”

“Nous pensons qu’il s’agit d’une recherche vraiment importante et qu’ils ont fait un excellent travail”, estime Mary Murphy, responsable senior interne de la gestion des charges au sein de NanoRacks, interrogée par Xinhua, et de qualifier cette coopération entre les deux parties de “bon exemple”.

Leroy Chiao, ex-astronaute sino-américain pour la NASA et commandant de l’ISS, a souligné la portée de ce projet chinois.

“Je pense que c’est un bon pas en avant”, commente M. Chiao. “J’ai toujours été convaincu que la coopération était la meilleure manière d’avancer pour les États-Unis comme pour la Chine, en particulier pour en utilisant l’exploration spatiale comme vecteur”.

Joan Johnson-Freese, analyste de la politique spatiale au U.S. Naval War College, estime que cet exemple démontre l’importance croissante de l’utilisation commerciale de l’espace.

“L’espace n’est plus seulement le domaine réservé d’une activité gouvernementale”, estime M. Johnson-Freese. “L’espace se développe en tant que terrain d’activité commerciale, au même titre que les voitures ou les ordinateurs, ce qui représente un grand changement par rapport au passé”.

La mission SpaceX CRS-11 est la 11ème des 20 missions à destination de la station spatiale internationale prévue par cette compagnie californienne pour le compte de la NASA. C’est aussi la première fois que SpaceX emploie un astronef déjà utilisé lors d’une mission précédente vers la station spatiale.

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