Après Berlin et avant Bruxelles, le PDG d’Apple Tim Cook passe par …

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«Je suis un grand fan du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données personnelles)»: ce sont avec ces mots que Tim Cook a choisi de débuter sa tournée européenne lundi à Berlin. Il a choisi de commencer en Allemagne puis enchaînera avec Paris mardi où il rencontrera le président Emmanuel Macron. Tim Cook se rendra enfin mercredi au Parlement européen pour défendre les actions de sa société dans le cadre de la conférence internationale annuelle des commissaires à la protection des données et de la vie privée (qui rassemble les Cnil mondiales).

Sur ce dernier thème, Tim Cook veut se distinguer de ses homologues Facebook et Google. Les deux entreprises de la Sillicon Valley ont été la cible d’importants piratages informatiques peu rassurants. Fin septembre, Facebook reconnaissait avoir été victime d’une attaque visant les informations personnelles de 30 millions de comptes. Quelques jours plus tard, c’est Google qui révélait que 500.000 des membres de son réseau social Google + avaient été touchés par un piratage. Lundi matin, Tim Cook a estimé que le RGPD était une bonne chose et mais qu’il souhaitait que la régulation aille encore plus loin: «Nous aimerions voir, pas seulement les États-Unis, mais de nombreux autres pays suivre l’exemple de l’Europe et même le dépasser», a-t-il précisé.

La taxation des GAFA au programme

La protection des données personnelles n’est pas le seul sujet au menu de la visite de Tim Cook en Europe. Un autre dossier occupe le PDG d’Apple: le projet de taxation des GAFA. Mardi, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire espère convaincre les autres pays de l’UE d’appuyer le projet de la Commission européenne de taxer les revenus des géants du numérique. Selon des chiffres de la Commission européenne, grâce à l’optimisation fiscale, les grandes entreprises du secteur technologique, dont Apple, ne payent en moyenne que 9% d’impôts sur les sociétés dans l’UE, contre 23% pour le reste de l’économie. En 2016, la Commission européenne avait sanctionné Apple d’une amende de 14,3 milliards d’euros pour des avantages fiscaux supposés en Irlande, pays dans lequel elle a installé son siège social. L’affaire est en appel.

Même si ce projet de taxation est une «priorité absolue» pour Bruno Le Maire, certains pays comme l’Allemagne sont plus frileux. Dimanche, le ministre des Finances d’Angela Merkel, Olaf Scholz, s’est dit plutôt favorable à l’instauration d’un impôt minimum à l’échelle mondiale sur les bénéfices des multinationales. Un projet à dimension internationale qui pourrait prendre plus de temps.

Macron parlera PME avec Tim Cook

Tim Cook et Emmanuel Macron devraient aussi évoquer des sujets plus locaux, comme les relations entre les PME françaises et les stores (magasins physiques et virtuels) d’Apple avec lesquels elles travaillent. Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, résumait ainsi la situation lundi sur les ondes d’Europe 1: «Aujourd’hui, ces grandes plateformes ont deux choix: soit de bouffer tout le monde, détruire toutes les économies, soit d’être un accélérateur pour tous».

La rencontre entre Emmanuel Macron et Tim Cook promet d’être intense. En mars dernier, la France menaçait d’assigner Apple et Google devant le tribunal du commerce de Paris pour «pratiques commerciales abusives». Le gouvernement souhaitait remettre en cause le barême forfaitaire mise en place par les magasins d’applications App Store et Google Play. Ces derniers perçoivent 30% des revenus générés par la vente des applications.

L’an dernier, Tim Cook avait rendu visite à plusieurs jeunes entreprises à Paris dont My Little Paris ou Coach Guitar qui éditent des applications sur iOS (le système d’exploitation d’Apple). Son objectif? Mettre en valeur les apports indirects de la marque à la pomme à l’économie française.

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