Les véhicules hybrides restent très critiqués en raison de leurs émissions de CO2. Et pourtant, leurs ventes ont envahi le marché européen. Si les voitures hybrides rassurent par leur double motorisation et représentent, pour les uns, le maillon idéal vers la décarbonation du transport, elles sont loin d’être la meilleure solution de transition pour ceux qui veulent accélérer le 100 % électrique.
[EN VIDÉO] Voiture électrique versus voiture thermique : le point en 5 idées reçues À partir de 2035, la vente de véhicules diesel ou essence sera interdite dans l’Union européenne. Autonomie, coût, écologie… Les voitures électriques sont-elles vraiment compétitives ?
Ces modèles dotés d’un moteur thermique à essence ou diesel et d’un petit moteur électrique permettant de rouler quelques kilomètres sans émissions pourraient bientôt dépasser les voitures à essence dans les ventes européennes. Au troisième trimestre, il s’est vendu dans l’Union européenne 20,7 % de voitures neuves hybrides (non rechargeables qui réutilisent notamment l’énergie du freinage) et 9,1 % d’hybrides rechargeables (que l’on branche sur une borne), contre 39,5 % à essence, 17,6 % de diesel et 9,8 % de 100 % électriques. Moins chères à l’achat que les 100 % électriques, les hybrides en général évitent aussi les malus des moteurs thermiques. Alors que les bornes de recharge sont encore en nombre insuffisant, elles évitent la peur de la panne.
Des grands groupes comme Toyota, Stellantis (Peugeot-Fiat), Renault ou Hyundai-Kia parient largement sur ces motorisations, qui leur permettent par ailleurs de satisfaire à moindre coût aux normes européennes sur les émissions de CO2. Permettent-elles pour autant de vraiment moins polluer, ou sont-elles une solution de transition vers un monde tout électrique ?
La question est politique : alors que Bruxelles compte interdire les ventes de moteurs à essence et diesel à partir de 2035, une partie de l’industrie automobile veut protéger les hybrides.
« On pense que l’hybride va rester », indique à l’AFP Jim Crosbie, président de Toyota Motor Manufacturing France. Les hybrides non rechargeables représentent désormais 70 % des ventes de la marque japonaise en Europe de l’Ouest. « Si on parle d’un cycle de vie modèle – 7, 8 ou 9 ans – ça va rester un atout important pour nous dans les années à venir. Bien sûr, en fonction de la réglementation européenne, on sera prêt à atteindre les nouvelles normes », indique Jim Crosbie.
Accélérer le passage au 100 % électrique
Pour les ONG écologistes comme Greenpeace ou Transport Environment, les hybrides ralentissent la transition : elles veulent au contraire accélérer le passage à l’électrique et à d’autres modes de transport que l’automobile. D’autant plus que les gains mis en avant par les constructeurs sont généralement inférieurs à ceux observés en conditions réelles.
« Aujourd’hui, les hybrides maintiennent des niveaux d’émission importants. Surtout, ils sont très souvent utilisés en mode thermique, et peu en mode électrique, souligne Marie Chéron de la fondation Nicolas Hulot. Une part des hybrides a été par exemple achetée pour des flottes, elles n’ont pas de système de recharge, les gens ne les rechargent pas, et donc ne roulent pas en électrique ».
« Il faut bien faire la distinction entre le potentiel de la technologie, plutôt versatile, et son usage, analyse Philippe Degeilh, ingénieur à l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (Ifpen). L’hybride peut être un maillon dans la décarbonation du transport, mais il faut beaucoup de pédagogie ».
Selon une étude de l’Ifpen publiée fin 2020, les véhicules hybrides (non rechargeables) émettent en moyenne 12 % de moins de CO2 qu’un véhicule essence similaire. Ce gain s’élève à 33 % en ville, alors qu’il est quasi nul sur des tronçons autoroutiers. Un hybride rechargeable, conduit avec souplesse et rechargé systématiquement, est « aussi bien capable d’approcher le zéro émission », en roulant en électrique la plupart du temps, analyse l’Ifpen.
« Un foyer qui a une seule voiture peut avoir un meilleur bilan environnemental avec une hybride plutôt qu’avec une électrique équipée d’une grosse batterie. C’est conçu pour faire 50 kilomètres par jour et parfois partir en vacances », souligne M. Degeilh.
Quant aux véhicules 100 % électriques, la production de leur batterie, de plus en plus grosse, est très énergivore. L’origine de leur électricité est aussi essentielle pour déterminer leur coût environnemental.
En France, avec l’électricité d’origine nucléaire, c’est un petit véhicule électrique, « dimensionné pour les besoins quotidiens », qui aura le meilleur bilan carbone, explique M. Degeilh.
La BMW i8, une voiture de sport hybride rechargeable La BMW i8 n’est pas en reste dans la course des voitures à faible consommation de carburant et d’émissions de particules. Sur cet aspect, la voiture de sport hybride rechargeable affiche sa volonté de concurrencer les citadines. Les roues arrière sont entraînées par un moteur TwinPower Turbo développant 231 cv, tandis que les roues avant sont mues par un moteur électrique de 131 cv. La BMW i8 affiche une accélération de 0 à 100 km/h en 4,4 s et une vitesse maximale de 250 km/h. La batterie lithium-ion permet une autonomie de 35 km en tout électrique. © Andy_BB, CC by-nc 2.0
La Porsche 918 Spyder, la voiture de sport électrique La Porsche 918 Spyder signe le début d’une nouvelle ère pour les voitures de sport. Ce véhicule hybride rechargeable de 887 cv possédant deux moteurs électriques a été présenté en version définitive au Salon de l’Automobile de Francfort en 2010. Sa carrosserie en polymère renforcée de fibre de carbone et son châssis en aluminium cachent un moteur V8 atmo de 608 cv, et deux moteurs électriques Bosch développant 279 cv de puissance, portant le total à 807 cv. La performance conjointe du moteur à combustion et des moteurs électriques permettent au véhicule d’atteindre 345 km/h. La vitesse maximale de la propulsion électrique est de 150 km/h. Les tests effectués sur l’anneau nord de l’anneau de Nürburgring ont permis à la 918 Spyder de boucler les presque 21 km en 6 mn 57 s. Son prix ? Quand on aime, on ne compte pas : 775.404 euros et 847.104 euros pour la version Pack Weissach en 2010. © Thomas Wolf, CC by-sa 3.0 DE
La Spark Renault SRT 01E La Spark Renault SRT 01E est une voiture de course électrique, résultat d’une étroite collaboration entre Spark Racing Technology, McLaren Electronic Systems (moteur), William Advanced Engineering (pack batterie), Dallara (chassis) et Renault. Elle a été officiellement présentée au Salon de l’Automobile 2013 de Francfort. Le moteur qui développe 270 ch est incorporé dans une coque en fibre de carbone et d’aluminium en nid d’abeilles. Les pneus de 18 pouces sont conçus par Michelin. La Spark Renault SRT 01E a été la seule voiture électrique à concourir dans le championnat de course automobile 2014-2015, utilisant des monoplaces de Formule E organisé par la FIA. Départ arrêté, il lui faut trois secondes pour passer de 0 à 100 km/h. Sa vitesse maximale est de 225 km/h. © NIL L, CC by-nc 2.0
L’Audi A3 Sportback e-tron L’Audi A3 Sportback e-tron est le premier programme hybride rechargeable de la marque. Le moteur thermique développe 150 cv, tandis que le moteur électrique possède 134 cv. La batterie lithium-ion est encombrante et prend beaucoup de place dans le coffre. Elle pèse 300 kg à elle seule, ce qui n’empêche pas la voiture de passer de 0 à 100 km/h en 7,6 secondes. La vitesse de pointe maximale est de 222 km/h. Si l’autonomie de la batterie électrique seule est limitée à 50 km sur route et à 25 sur autoroute, la combinaison des deux moteurs permet de descendre la consommation d’essence à 1,5 L/100 km. © Bahooka, CC by-sa 3.0
La Fisker Karma, une voiture électrique à prolongateur d’autonomie La Fisker Karma se distingue des autres véhicules électriques ou hybrides à plus d’un titre. Sa ligne a été conçue par le designer danois Henry Fisker et puise son inspiration dans l’Aston Martin DB9 et la BMW Z3. Le véhicule est assemblé par l’usine finlandaise Valmet Automotive, pour le constructeur américain Fisker Automotive. Sur le plan technique, le véhicule est équipé d’un moteur thermique Opel suralimenté par un turbocompresseur développant 212 cv. Il est également doté de deux moteurs électriques de 150 kW chacun pour un total de 408 cv. C’est bien une voiture électrique, car le moteur thermique n’actionne pas les roues directement. Il est destiné à recharger les batteries et se classe ainsi parmi les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie. © Fisker Automotive, by-nc 2.0
La Smart Fortwo electric drive, une citadine électrique La Smart Fortwo electric drive est une citadine électrique française fabriquée à Hambach, en Moselle. La voiture peut être acquise avec ou sans location de batteries. La location n’est pas dépendante du kilométrage parcouru au contraire d’autres concurrents. Son moteur se décline en 55 et 75 cv pour une autonomie donnée de 145 km. Mais cette dernière n’excède pas les 100 km dans des conditions de circulation urbaine ou plus complexe (montagne, nuit, charge…) et probablement moins en hiver si l’on utilise le chauffage. Le temps nécessaire à la recharge de la batterie est de 7 heures sur une prise domestique de 220 V. © Smart, CC by-sa 2.0
La Kia Soul EV, un crossover électrique La Kia Soul EV est le premier véhicule électrique de la marque sud-coréenne. Alimenté par une batterie lithium-ion-polymère de 110 cv, ce petit crossover urbain possède une autonomie de 200 km et sa vitesse de pointe peut atteindre 145 km/h. Comme les autres modèles de sa gamme à moteur thermique, Kia propose une garantie de 7 ans ou 150.000 km batterie incluse. La Kia Soul EV peut se recharger sur une prise électrique domestique mais il faudra huit heures pour que la batterie retrouve son efficacité totale. Sur la borne de recharge rapide Chademo, 30 mn suffisent pour que la batterie retrouve 80 % de son efficacité. © Harry Nl, CC by-nc 2.0
La Lexus CT 200 h de Toyota La Lexus CT 200 h représente le luxe version hybride de la marque Toyota. Le moteur électrique développe 82 cv et le moteur thermique 99 cv. Les deux réunis fournissent une puissance de 136 cv. L’autonomie mentionnée par le constructeur est de 983 km, mais en mode électrique, elle n’est que de 2… La vitesse maximale du moteur thermique est de 180 km/h, tandis que l’électrique plafonne à 45 km/h avant que le moteur classique ne prenne le relais. Sa consommation est donnée à 3 L/100 km avec un rejet de CO2 de 82 g/km. © Autoviva, CC by 2.0
La Mercedes Classe A E-Cell La Mercedes Classe A E-Cell est une voiture électrique citadine propulsée par deux batteries lithium-ion de haute capacité. Ces dernières développent une puissance de 95 cv pour une autonomie de 160 km en moyenne. Sa vitesse maximale est de 150 km/h. La recharge s’effectue en 8 heures à partir du réseau domestique et de 3 heures sur les bornes à chargement rapide. © Edoardo Mascalchi, CC by-nc 2.0
La MiEV de Mitsubishi La MiEV de Mitsubishi est une voiture citadine électrique de quatre places fabriquée au Canada pour la modique somme de 33.000 dollars (29.508 euros au cours actuel) ! Malgré une incitation non négligeable du gouvernement, le particulier devra malgré tout débourser encore 25.000 dollars (22.357 euros au cours actuel). Batterie lithium-ion chargée, le véhicule peut parcourir 150 km. Sa vitesse maximale est de 120 km/h. Le temps de charge sur le réseau domestique est de 7 heures, et de 30 minutes pour alimenter la batterie à 80 %. Elle est commercialisée en France depuis janvier 2011, pour un prix sensiblement similaire : 35.000 euros desquels il faut déduire le bonus écologique étatique. © CC by 3.0
La Renault Twizy ZE, une voiture électrique urbaine La Renault Twizy ZE est un véhicule ultra-compact urbain de deux places, entièrement électrique et commercialisé à prix concurrençant les motos à trois roues. Il est en effet disponible à partir de 7.000 euros mais livré sans portes ni fenêtres… Ces dernières sont en options. Il existe deux versions : la Twizy 50 sans permis et la 80 avec permis B. L’autonomie de cette dernière est d’environ 100 km. Les distances parcourues lorsque la batterie lithium-ion est chargée peuvent être revues à la baisse selon les conditions climatiques. La Twizy 45 développe 5 cv et sa vitesse maximale est de 45 km/h, tandis que la Twizy 80 atteint 17 cv pour une vitesse de pointe de 80 km/h. © Mhobl, CC by-nc 2.0
La Toyota Prius hybride Plugin La Toyota Prius hybride Plugin est une berline hybride dont le moteur thermique développe une puissance de 98 cv, et le moteur électrique 80 cv pour une autonomie maximale de 20 km. Au-delà, c’est le moteur à combustion qui prend le relais et qui recharge la batterie lithium-ion. Il faut 3 h à partir d’une prise reliée au réseau domestique pour que la charge soit complète. La vitesse classique est de 180 km/h et en mode EV (electric vehicle, en anglais), le véhicule ne dépasse pas les 100 km/h. La Toyota Prius hybride Plugin affiche une consommation relativement basse de 2,6 L au 100 km. Pour une voiture de cette gamme, le prix reste toujours dissuasif mais plus cohérent que celui de la Mitsubishi canadienne. Elle est commercialisée à partir de 37.000 euros, un prix auquel il faut déduire le bonus écologique. © DR
La Renault Zoe Z.E. Concept La Renault Zoe Z.E Concept tout électrique a tout d’une petite citadine branchée au sens propre comme au figuré. Sa conception est unique car son toit protège autant du chaud que du froid et optimise la gestion de la température intérieure grâce à des cellules photovoltaïques disposées en nid d’abeilles. Sa batterie électrique lithium-ion développe 95 cv pour une autonomie moyenne de 160 km/h et à une vitesse maximale de 140 km/h. Le temps de recharge sur le circuit électrique domestique est de 8 h, de 20 mn sur une borne rapide et de 3 mn grâce au système Quick-Drop d’échange de batterie. Ce modèle non commercialisé préfigurait en 2009 les Renault Zoe actuellement en circulation. © LSDSL, CC by-sa 3.0
La Tesla Roadster, une voiture électrique à l’autonomie record La Tesla Roadster est l’une des premières voitures de sport électriques à avoir été commercialisées. Conçue par Tesla Motors, en Californie, en collaboration avec Lotus Cars pour le châssis, elle annonce une autonomie record de 400 km. Ses performances sont également exceptionnelles. Propulsée par une batterie lithium-ion développant 288 cv, elle est capable de passer de 0 à 100 km/h en 3,9 secondes. La version sportive parcourt la même distance en 3,7 secondes et atteint 212 km/h en vitesse de pointe. © Tesla Motors Inc. OTRS, CC by-sa 2.0
La Rimac Concept One La Rimac Concept One a été mise au point en Croatie par Mate Rimac. Ce véhicule possède la même architecture que l’Audi R8 e-tron qui possède trois moteurs électriques de 250 kW chacun. Ce pack batterie lithium-fer-phosphate pèse à lui tout seul 700 kg et son autonomie est d’environ 600 km. Ses performances sont exceptionnelles. La Rimac Concept One est capable de passer de 0 à 100 km/h en 2,8 secondes et sa vitesse de pointe est de plus de 300 km/h. C’est de loin la plus performante des voitures sportives électriques, qui aurait davantage de légitimité à porter le nom de Tesla (inventeur de génie croate) que les voitures du constructeur californien Tesla Motors… © The Car Spy, CC by 2.0
La Quant e-Sportlimousine, la voiture qui roule à l’eau salée Présentée en mars 2014 au salon de l’automobile de Genève, la Quant e-Sportmilousine est un ovni dans la gamme des berlines sportives. La voiture est fabriquée par NanoFlowcell, une société luxembourgeoise, et utilise une technologie encore expérimentale. Son système de propulsion fonctionne à… l’eau salée. Le véhicule est équipé de quatre moteurs électriques développant une puissance globale de 920 cv. Les deux liquides (positif et négatif) qui alimentent les batteries ne se mélangent jamais. Ils produisent une électro-réduction qui s’effectue à l’extérieur des batteries. Il suffit de remplir les réservoirs comme on va à la pompe pour une voiture classique. Mais le développement des pompes d’eau salée n’est pas encore démocratisé… Si ce véhicule aux portes à ouverture papillon est prometteur, sa commercialisation n’est pas encore pour demain. © Quant, CC by 3.0
La Volkswagen e-Up La citadine compacte Volkswagen e-Up, présentée au salon de l’automobile de Francfort en septembre 2013, ne démérite pas par rapport aux autres véhicules de cette gamme. Son moteur électrique entraîné par une batterie lithium-ion développe 82 cv pour une vitesse maximale de 135 km/h. La recharge à 80 % sur une borne rapide dure 30 mn, alors qu’il faut près de 9 heures sur le réseau électrique domestique. Son autonomie est d’environ 165 km selon les conditions de conduite, de climat et de charge. © DR
La Venturi Fetish, un roadster électrique La Venturi Fetish est la première voiture de sport électrique à avoir été conçue par le constructeur français Venturi à Monaco. Dès 2004, ce véhicule affiche des performances hors du commun pour une voiture entièrement électrique. Son design futuriste cache un moteur de 300 cv pour un poids de 1.200 kg. Ce roadster deux places est capable d’une accélération de 0 à 100 km/h en 4 secondes. La vitesse maximale est de 200 km/h et son autonomie de 340 km. La Fetish reste cependant un véhicule hors de portée des bourses moyennes avec son prix affiché de 359.000 €, d’autant que son constructeur a décidé de ne fabriquer que 25 véhicules dans le monde. © Venturi Automobiles, CC by-sa 3.0