« La performance unique d’Apple n’est pas le signe d’une bulle »

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Dans une boutique Apple, à Tampa (Floride, Etats-Unis), le 26 novembre 2021. OCTAVIO JONES / GETTY IMAGES VIA AFP

L’histoire retiendra peut-être ce lundi 3 janvier 19 heures à New York. Pour la première fois une entreprise a brisé le plafond des 3 000 milliards de dollars (environ 2 655 milliards d’euros) de valorisation boursière. Apple vaut désormais plus cher que le produit intérieur brut de la France ou du Royaume-Uni. La firme à la pomme est habituée à tutoyer les hautes altitudes. En 2018, elle fut la première à passer le cap des 1 000 milliards et en 2020, celui des 2 000. Une progression qui en dit tout aussi long sur l’essor faramineux de la Bourse américaine que sur le parcours exceptionnel de cette entreprise.

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Quand, le 5 octobre 2011, le fondateur, Steve Jobs, décède d’un cancer du pancréas, peu d’observateurs parient sur la longévité de son successeur, le terne Tim Cook. Ingénieur spécialiste des chaînes logistiques, il n’a rien de la flamboyance et de l’imagination débordante du créateur des Mac, iPod, iPad et autres iPhone. Il ne lui restait qu’à gérer correctement l’héritage du maître. A cette époque, la société vaut 380 milliards de dollars et se croit au sommet.

Le pari de la transition

Le pâle M. Cook a démenti tous les préjugés, et même l’adage qui veut que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Il a su gérer l’arrivée à maturité de l’iPhone dans un marché du haut de gamme en voie de saturation. En dépit des soucis logistiques, la treizième version de son téléphone s’est très bien vendue et, surtout, il a réussi le pari de la transition vers les services. Sept cent cinquante millions de personnes sont abonnées à l’un de ses services de musique, vidéo, fitness ou finances.

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Certes, ceux-ci ne représentent encore que 20 % de ses ventes, mais c’est tout de même 70 milliards de dollars, avec une marge bénéficiaire qui approcherait, selon les analystes, les 70 %. De plus, ses nombreux accessoires, écouteurs ou montres connectées se vendent dorénavant plus que les ordinateurs ou les tablettes. Fait étonnant, dans la Chine repliée et antiaméricaine de 2021, son chiffre d’affaires a bondi de 70 %.

Si on compare son ratio de bénéfice rapporté à son cours de Bourse, la société est valorisée 30 fois ses bénéfices, alors qu’Amazon vaut 80 fois ses profits et Tesla 173

Paradoxalement, cette performance unique − son principal concurrent, Samsung, vaut presque huit fois moins cher que lui en Bourse − n’est pas le signe d’une bulle. En tout cas si on compare son ratio de bénéfice rapporté à son cours de Bourse, la société est valorisée 30 fois ses bénéfices, alors qu’Amazon vaut 80 fois ses profits et Tesla 173. Apple est seulement une entreprise extrêmement bien gérée, qui a su attirer et garder dans son écosystème des gens prêts à payer deux fois plus cher que chez ses concurrents. De plus, comme elle n’est pas dominante sur son marché, dépassée par Samsung, elle craint moins les foudres des autorités de la concurrence, si ce n’est sur son magasin d’applications.

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