«  Mon métier va-t-il disparaître ? » Ce que révèle vraiment l’étude de Microsoft sur l’IA

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L’étude scientifique publiée par Microsoft Research en juillet 2025 a permis de mesurer et de comprendre l’impact de l’IA dans le monde du travail et dans quelle mesure elle peut prendre le relai dans certaines tâches professionnelles.

Une méthodologie basée sur un usage réel

Pas de prévision donnée par Microsoft Research, mais une analyse de plus de 200 000 interactions entre les utilisateurs et son IA générative Bing Copilot. Nommée « Working with AI: Measuring the Occupational Implications of Generative AI », l’étude montre quels domaines de compétences utilisent le plus l’intelligence artificielle, générant ainsi un score de son applicabilité pour chaque métier enregistré. Cette analyse met ainsi en avant avec quelle intensité certains métiers utilisent l’IA dans leur travail.

Microsoft Research a analysé plus de 200 000 interactions entre les utilisateurs et son IA, Copilot, pour mener à bien son enquête. © prima91, Adobe Stock

L’équipe, qui a œuvré dans ce projet, a conçu ce score d’applicabilité, le basant sur trois critères essentiels :

  • la fréquence à laquelle l’IA est utilisée pour une tâche donnée ;
  • son taux de réussite ;
  • sa capacité à couvrir l’ensemble des éléments de l’activité concernée.

Cette méthodologie a précisément permis aux scientifiques d’identifier les professions les plus « vulnérables » face à l’IA.

Le saviez-vous

Selon le Conseil national du numérique, 60 % des travailleurs français craignent de perdre leur emploi à cause de l’IA dans les 10 prochaines années ; 48 % estiment qu’il pourrait totalement disparaître face à l’essor de l’IA. Une étude internationale du Boston Consulting Group indique que les utilisateurs les plus inquiets face à l’IA sont les Français, les Australiens et les Britanniques.

Verdict : les métiers les plus touchés sont…

Les métiers de l’information, de la communication et du savoir. En d’autres termes : ceux qui utilisent leur matière grise au quotidien.

Traducteurs et interprètes se trouvent en tête du palmarès (avec un score d’applicabilité de 0,492 sur 1), viennent ensuite les historiens (0,462 sur 1) et les écrivain(e)s et auteur(trice)s (0,454 sur 1), parmi lesquels les rédacteur(trice)s. Les journalistes, eux, enregistrent un score de 0,383 sur 1, signe que certaines de leurs tâches sont déjà partiellement traitées par l’IA.

Les représentants commerciaux, analystes de données et statisticiens et assistants administratifs font également partie de cette tête de liste.

En tête de l’étude de Microsoft Research, les métiers du savoir. © bongkarn, Adobe Stock

Ainsi, les chercheurs de cette étude ont constaté que les scores d’applicabilité les plus élevés concernent les professions qui consistent à fournir des explications, à communiquer et à informer, tâches intellectuelles dans lesquelles l’IA excelle. Mais l’étude montre qu’elle joue davantage un rôle de soutien dans l’exercice de ces professions qu’un rôle de substitution à l’intelligence humaine.

Les métiers nécessitant un travail physique, manuel ou l’emploi de machines enregistrent les scores les moins élevés puisque l’IA est avant tout conçue pour traiter le langage, l’information, les données, etc. et non la manipulation d’objets, le déplacement humain ou le maniement d’outils, de fait !

L’étude montre également que le terrain d’application de l’IA se trouve être au sein des professions à plus hauts revenus, caractérisés par des tâches intellectuelles auxquelles cette technologie peut s’intégrer de façon complémentaire et partielle.

Ce que pense Bing Copilot sur la question…

Face à ces résultats qui impactent voire affolent nos métiers de l’information et de la communication, nous avons justement voulu questionner Bing Copilot, : « Je suis rédactrice, mon métier va-t-il disparaître ? »

Sans copier-coller sa réponse (sinon ce métier de maîtrise des mots ne serait plus ce qu’il est), l’IA explique que cette profession ne disparaîtra pas, mais mutera indéniablement en assurant un travail de recherche, en proposant des tournures de phrases différentes, en accélérant des tâches répétitives (simplification de textes, intégration de mots clés, de CTA…).

« Je suis rédactrice, mon métier va-t-il disparaître ? » © BullRun, Adobe Stock

Mais, l’IA n’enlèvera pas à un cerveau humain habitué à rédiger : sa créativité, le ton qu’il souhaite adopter, son jugement donné sur un sujet, l’émotion qu’il veut partager, son expertise du métier, entre autres. Comme pour toutes les professions auxquelles elle s’intègre.

Ainsi, utiliser l’IA dans nos métiers, c’est en faire un assistant pertinent, une aide à mieux produire du contenu, un outil pour apprendre davantage à condition de… continuer à réfléchir. Un peu avec elle, surtout avec notre matière grise !

En résumé, les résultats de l’étude de Microsoft Research amènent à nourrir le débat sur l’avenir de certains métiers alors que l’IA est en plein essor, soulignant son importance dans l’amélioration de certaines tâches humaines et les adaptations auxquelles les professions intellectuelles devront inéluctablement faire face.

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