OpenAI est en mauvaise posture, et la firme elle-même le reconnaît. Pour preuve, son PDG Sam Altman a lancé un code rouge début décembre après avoir constaté que ChatGPT était clairement dépassé par le nouveau Gemini 3 de Google. Un peu plus de trois ans après le lancement de ChatGPT, le premier chatbot moderne grand public, le modèle de fonctionnement d’OpenAI semble à bout de souffle.
Contrairement à ses concurrents, notamment Google, OpenAI ne peut pas financer son chatbot avec les revenus d’autres produits ou services, et l’intelligence artificielle n’est pas rentable. Avec la construction de centres de données et les frais de fonctionnement, toutes les IA perdent de l’argent à une vitesse vertigineuse. Selon des documents internes, l’entreprise prévoit de perdre 14 milliards de dollars en 2026, pour une perte totale de 44 milliards d’ici 2029. Certes, OpenAI gagne un peu d’argent grâce aux abonnements et partenariats, mais c’est loin d’être suffisant. L’essentiel de l’argent provient d’investisseurs privés. Google, en revanche, dispose d’assez de fonds propres pour continuer à financer le développement de Gemini.
En 2024, Sam Altman déclarait que « la publicité serait un dernier ressort pour nous en tant que business model ». Et il y a quelques jours, OpenAI a annoncé l’arrivée des publicités dans ChatGPT. Un signe de plus que la firme se retrouve en mauvaise posture. Il devient beaucoup plus difficile de trouver les fonds nécessaires au fonctionnement lorsque ChatGPT n’est plus le premier de sa classe.
La fiabilité des informations de ChatGPT remise en question
Une nouvelle révélation du journal britannique The Guardian vient rajouter de l’huile sur le feu. Selon l’enquête, ChatGPT cite fréquemment Grokipedia pour répondre aux questions, ce qui est particulièrement problématique. Grokipedia est entièrement généré par le chatbot Grok et présenté comme une alternative à Wikipédia. Développé par xAI, il appartient donc à Elon Musk. Cette « encyclopédie » en ligne a été conçue comme un outil de propagande des idées politiques du milliardaire, et contient beaucoup de fausses informations, ainsi que des biais racistes et transphobes, comme le souligne The Verge.
De plus en plus de spécialistes prédisent la fin d’OpenAI. Sebastian Mallaby, du think tank américain Council on Foreign Relations, pense que la firme sera à court d’argent d’ici 18 mois. Pour George Noble, ancien directeur du fonds Fidelity International, OpenAI est un incinérateur d’argent, et son PDG un arnaqueur (« Scam Altman »). Dans un tweet assez long, il affirme voir tous les signes avant-coureurs d’une entreprise qui implose. Il cite une fréquentation en baisse pendant deux mois d’affilée au profit de Gemini, et 12 milliards de dollars de pertes sur un seul trimestre. Il souligne aussi les rendements décroissants, où doubler les performances nécessite de multiplier les dépenses et l’énergie par cinq. ChatGPT aurait bientôt atteint sa limite de progression, et le mauvais accueil réservé à GPT-5 semble aller dans ce sens.
OPENAI IS FALLING APART IN REAL TIME
I’ve watched companies implode for decades.
This one has all the warning signs.
OpenAI declared “Code Red” in December.
Altman sent an internal memo telling employees to drop everything because Google’s Gemini 3 is eating their lunch.… pic.twitter.com/D9iJwOOmMe
— George Noble (@gnoble79) January 20, 2026
Vers l’éclatement de la bulle technologique ?
Cela ne signifie pas pour autant que la fin est inéluctable, ni même que ce n’est autre chose qu’une mauvaise passe. De nombreuses entreprises fonctionnent à perte les premières années, et on pensera notamment à Twitter qui n’a été rentable pour la première fois qu’à la fin de 2017, même si ses pertes se situaient dans les centaines de millions de dollars, et non dans les dizaines de milliards de dollars.
Toutefois, Gemini 3 a permis à Google de prendre la tête dans la guerre de l’IA et de commencer à imposer un monopole grâce à sa diversité de produits et services, dont Android. Si OpenAI ne parvient pas à sortir un GPT-6 suffisamment performant pour éblouir les investisseurs, ces derniers pourraient très bien quitter le navire et abandonner la firme à son sort. Un tel scénario pourrait provoquer l’éclatement de la bulle spéculative autour de l’IA, avec des conséquences difficiles à prévoir. Au moins, cela aurait l’avantage de mettre fin à l’envolée des prix des composants électroniques.