Si les drones aériens sont devenus une priorité pour les armées depuis leur montée en puissance avec la guerre en Ukraine, de leur côté les drones navals ne sont pas en reste. Plusieurs prototypes de gros drones sous-marins existent déjà et ils cohabitent avec tout un bestiaire de drones spécialisés, submersibles ou de surface.
Parmi eux, voici un nouveau venu d’un genre inédit, conçu par Lockheed Martin. Il s’agit du drone sous-marin autonome multi-missions, baptisé LampreyMMAUV (Multi-Mission Autonomous Undersea Vehicle).
Cet engin, tout en longueur et rectangulaire, est inédit. Tel un passager clandestin ou un parasite, il se colle à la coque d’un navire de surface ou d’un sous-marin de passage pour être acheminé sur la zone de combat.
Cette configuration lui permet à la fois d’économiser de l’énergie et également d’en produire grâce à des hydrogénérateurs intégrés. Il s’agit de l’équivalent de turbogénérateurs, mais sous l’eau. C’est la mobilité du navire qui permet de faire tourner ces générateurs. De fait, l’engin peut arriver sur sa zone de mission avec des batteries chargées à 100 %. De quoi alimenter ses quatre propulseurs, ses ordinateurs de bord autonomes, l’ensemble des capteurs et sous-systèmes.
Au niveau tactique, le Lamprey peut rester tapi sur le sol du fond marin aussi longtemps qu’il le faut en mode économie d’énergie. Il sert alors de balise d’observation, de renseignement et de collecte de données.
Cette vidéo de synthèse montre les différentes capacités du LampreyMMAUV. © Lockheed Martin
Parasite féroce
Le Lamprey peut également servir à attaquer ou suivre une cible de passage ou encore s’accrocher à un navire pour se rendre sur une autre position. Selon la mission qui lui est attribuée, le drone peut embarquer différentes charges utiles, tels des systèmes de guerre électronique ou des leurres acoustiques capables d’imiter d’autres navires. En surface, il peut déployer un mât pour assurer les communications de surface et sous-marines. Toujours en tant que drone de surface, il est capable de lancer des drones aériens via trois modules rétractables dotés de deux tubes.
Il se transforme également en submersible chasseur de sous-marins, en embarquant dans sa soute de 0,68 m³ des torpilles légères. Ce drone polyvalent cumule donc de nombreux atouts pour réaliser une multitude de missions différentes. Et surtout, il peut être transporté très loin de sa base en migrant de navire en navire avec une endurance quasi illimitée.
Ce drone autonome a été conçu et développé par Lockheed Martin sur ses fonds propres. C’est donc une proposition destinée à séduire l’US Navy et, compte tenu de son côté « couteau-suisse » et de sa grande endurance, le Lamprey pourrait bien être adopté.