Au fil des décennies, l’automobile a non seulement contribué à l’aggravation constante de la pollution atmosphérique, en étant responsable d’un tiers des émissions de CO2 en ville, mais a aussi été à l’origine d’une vie citadine faite de temps perdu, de stress et de mal être. En 2021, une étude réalisée par le cabinet Inrix, spécialiste de la mobilité intelligente, montrait que les Parisiens restaient bloqués en moyenne 140 heures dans les bouchons tous les ans, passant leur temps à attendre que la voiture devant eux avance.
Depuis peu pourtant, et contre toute attente, l’usage de la voiture a tendance à reculer dans la capitale, avec 33 % des ménages qui sont actuellement motorisés, contre 40 % en 2015, selon une étude de l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme).
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À l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est devenue autant une priorité qu’une urgence, ce mouvement va prendre de l’ampleur pour qu’il soit possible de se déplacer facilement et sans voiture dans la capitale.
L’extension des réseaux de transport collectif
Pierre angulaire de la mobilité parisienne de demain, le Grand Paris Express va doubler les nombre de kilomètres qu’il est possible de parcourir en métro avec la création des lignes 15 à 18 pour des itinéraires de banlieue à banlieue. L’objectif est de réduire les passages par le centre et de faire gagner du temps aux usagers.
En complément, des pôles d’échanges multimodaux installés à proximité des gares offrent la possibilité aux usagers d’emprunter facilement le tram, de louer un vélo ou d’opter pour le covoiturage, favorisant ainsi le report modal vers les transports collectifs.
En parallèle, la décarbonation des flottes de bus marque également un tournant. Aujourd’hui, la moitié des 11 000 véhicules en service sont décarbonés ou à faibles émissions, fonctionnant à l’hydrogène ou avec des motorisations électriques, et l’Ile-de-France vise un parc 100 % décarboné à la fin de la décennie.
Le développement des mobilités douces
Autre axe majeur de transformation, le Plan Vélo, développé depuis 2015, entend faire de Paris une ville 100 % cyclable. D’ores et déjà, le Réseau Express Vélo (REVe), constitué d’aménagements protégés à double sens, permet de relier les axes Nord-Sud et Est-Ouest de la capitale. Le plan met également à la disposition des cyclistes plus de 10 000 places de stationnement supplémentaires. À terme, ce sont 2 000 kilomètres de pistes sécurisées et continues qui seront mises à la disposition des Parisiens.
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Par ailleurs, Paris repense également l’espace public pour que la marche soit privilégiée. Le Plan local de mobilité (PLM) accélère le développement d’espaces réservés aux piétons en limitant l’espace de voirie, en supprimant des places de stationnement pour agrandir les trottoirs, ou en limitant la vitesse à 30 km/h sur certains axes de circulation. En outre, plusieurs places ont été transformées ou sont en cours de transformation comme la place du Châtelet, la place Félix Éboué ou la place de Catalogne, pour sécuriser les déplacements à pied.
La téléphérique urbain, nouveau mode de transport parisien. © Ile-de-France Mobilités
De nouveaux modes de transport
Dans cette refonte de la mobilité, tout ce qui représente une alternative efficace à la voiture est bon à prendre pour faire baisser les émissions de CO2 et libérer de l’espace sur la voie publique. Mis en service en 2025, le Téléval, premier téléphérique urbain d’Ile-de-France, permet de relier Créteil à Villeneuve-Saint-Georges en traversant le Val-de-Marne. Pensé pour désengorger des axes routiers saturés et désenclaver des quartiers mal desservis, ce projet offre un gain de temps significatif aux usagers dans leurs déplacements, en permettant de relier plusieurs communes en une quinzaine de minutes. Au-delà de la performance technique, ce nouveau mode de transport urbain, entièrement électrique, émet peu de gaz à effet de serre, contribuant ainsi aux objectifs de neutralité carbone de la métropole parisienne.
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Autre piste d’avenir, les drones de transport de passagers pourraient eux aussi apporter leur contribution à ce redéploiement de la mobilité. Encore à l’étude à Paris et alors qu’ils devaient être testés lors des Jeux olympiques de 2024, ces taxis aériens électriques, à décollage et atterrissage vertical (eVTOL) offrent une alternative potentielle aux trajets terrestres longs et imprévisibles, en reliant rapidement les quartiers périphériques, décongestionnant ainsi les artères les plus encombrées. Leur intégration au réseau de transport parisien passerait par des vertiports, c’est-à-dire des aéroports compacts et modulaires conçus pour le décollage vertical, qui pourraient être installées à différents endroits stratégiques en banlieue, en fonction des besoins de déplacement.
Demain, une mobilité parisienne décarbonée et intelligente
Toutes ces initiatives pointent dans une même direction. Celle de moyens de transport qui seront, demain, non polluants, généralisés à l’échelle du territoire, facilement accessibles, et qui permettront de se déplacer sans perdre de temps. En 2050, Paris sera une capitale ou la mobilité aura profondément évolué.
En délaissant l’usage intensif de l’automobile, la création de nouvelles lignes de métros automatisés 100 % électriques, le développement de flottes de bus roulant à hydrogène ou au gaz naturel, l’extension et la sécurisation du réseau de pistes cyclables, la mise en oeuvre de solutions innovantes de mobilité auront fait massivement baisser les émissions de CO2, tout en améliorant la qualité de vie.