En Ukraine, depuis plus de trois ans, les drones iraniens Shahed-136, rebadgés « Geran » par les Russes, tombent par dizaines sur les zones urbaines situées à des centaines de kilomètres du front. Plutôt que de consommer d’onéreux missiles et de composer avec les livraisons d’armes parfois à doses homéopathiques de leurs alliés, les Ukrainiens ont créé des drones intercepteurs rapides et efficaces comme le Sting. Ils coûtent souvent moins de 2 000 euros l’unité et sont capables d’abattre ces Shahed à 25 000 euros.
La balance penche désormais dans le bon sens et les Ukrainiens proposent désormais aux États-Unis et aux pays du Golfe leur expertise et leurs drones pour lutter contre les vagues de Shahed iraniens.
Parmi les acteurs qui développent de tels intercepteurs, figurent des entreprises françaises. En début d’année, Futura avait évoqué le Fury-120 d’ALM Meca.
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Voici maintenant celui d’Egide, une jeune pousse créée il y a un peu plus d’un an par deux anciens employés du missilier MBDA. Ils ont développé de façon accélérée le drone Arges. Un nom issu de la mythologie grecque.
Prévu pour foudroyer un Shaded
Pour le moment, peu d’informations techniques ont fuité sur cet engin qui n’a pas encore été testé en conditions réelles. On sait qu’il est animé par une IA embarquée et également en liaison au sol. Le vol devrait être autonome. L’IA formera l’élément central de la munition. Elle permettra de garantir l’acquisition de la cible et son verrouillage pour frapper le drone ennemi.
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Sa propulsion est probablement électrique. Sur le rendu graphique de l’engin, on peut voir qu’il est doté de turbines carénées pour améliorer sa manœuvrabilité. Sa vitesse de pointe serait comprise entre 400 et 600 km/h et sa portée de dix kilomètres. Arges sera équipé d’une charge explosive dans son ogive. C’est elle qui viendra anéantir en plein vol le drone, plutôt que de le faire tomber.
Dans un premier temps, c’est-à-dire à l’horizon 2027, Arges devrait coûter autour de 50 000 euros. C’est plus qu’un Shahed, mais beaucoup moins qu’un missile Patriot. Egide ambitionne cependant d’en réduire le coût si la production est massive.