Chaque jour, la planète, c’est-à-dire nous tous, générons environ 1,1 million de tonnes de déchets plastiques par jour, soit environ 12,7 tonnes chaque seconde. C’est énorme et plus de 11 millions de tonnes de cette pollution aux plastiques s’immiscent dans les océans chaque année. Et cela n’est pas près de s’améliorer car, selon l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), si l’on continue à ce rythme, les déchets plastiques mondiaux pourraient atteindre plus d’un milliard de tonnes par an en 2060, contre 400 millions actuellement.
Le problème du plastique, c’est qu’il devient très rapidement un déchet. C’est le cas des 4/5e du plastique produit. La solution pour freiner le phénomène ? Manger le plastique !
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C’est ce que vient de démontrer avec toutefois un peu plus de nuances, une équipe de chercheurs de l’université du Sud de l’Illinois (États-Unis). Ils ont mis au point une levure spécialement conçue pour créer des biscuits comestibles imprimés en 3D à partir de déchets plastiques.
Des levures qui prédigèrent le plastique
La levure décompose plus précisément les composants du plastique et des sous-produits agricoles, comme les déchets végétaux, pour en récupérer des protéines, des lipides, des acides et des arômes comestibles. Cette levure s’attaque précisément au polyéthylène téréphtalate (PET), une forme de plastique couramment utilisée que l’on trouve dans les bouteilles de boisson, les emballages alimentaires et les vêtements. Ce matériau est naturellement riche en carbone.
Mais avant d’être mangé par les levures, le PET est d’abord cassé en microscopiques molécules par dissolution par une combinaison de chaleur, d’eau et d’oxygène.
Les petits biscuits sont baptisés µBites, ce qui signifie micro-bouchées. Ils sont créés via une imprimante 3D spécifique. © SIU Carbondale Communications
Comment est-ce possible ?
Les levures génétiquement modifiées sont ensuite reprogrammées pour pouvoir consommer le carbone issu de ces fragments de PET et c’est à cette étape que l’on peut manger ce plastique, puisqu’elles transforment ce carbone en une biomasse de protéines, lipides et acides. Ensuite, après avoir mixé la pâte à des fibres, de l’amidon et un édulcorant, il reste à imprimer ces cookies. Les chercheurs les ont baptisés « µBites », ou micro-bouchées, et ont d’ailleurs imprimés le symbole « µ » au milieu de ces biscuits de la forme d’un donut.
La pollution plastique met en danger l’ensemble du système Terre
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Petit hic ! Si les scientifiques sont convaincus que ces biscuits sont sans danger et succulents, ils n’y ont pas encore goûté, faute d’accord de l’université. Avec une telle alchimie, on pourrait se dire que manger du plastique pourrait à la fois permettre de lutter contre la faim dans le monde, tout en réduisant les montagnes de déchets. Mais, pour le moment, l’opération est plutôt onéreuse.
Produire un kilogramme de biscuits coûte environ 60 dollars et le processus de création est long. Ce n’est donc pas une solution à la crise des déchets plastiques. C’est tout simplement impossible à commercialiser. Mais ces biscuits pourraient bien être mangés dans… l’espace. Les travaux des chercheurs sont en effet financés dans le cadre du programme « Deep Space Food Challenge » de la Nasa. Et ces biscuits pourraient servir à nourrir les astronautes durant leur voyage vers Mars.