Des missiles russes hypersoniques fonçaient vers Kyiv : une mystérieuse technologie ukrainienne aurait changé leur trajectoire

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Avec l’intensification des bombardements russes sur les grandes villes ukrainiennes, notamment Kyiv, intercepter les missiles et les drones à réaction est devenu difficile pour les forces de défense ukrainiennes.

Au lieu des drones intercepteurs, désormais trop lents, ou des coûteux missiles de défense, pour abattre les nouveaux drones Geran-5 à réacteur, l’Ukraine mise sur des tourelles de mitrailleuses automatiques pilotées par IA. Mais pour les missiles balistiques rapides, hormis les systèmes de défenses Patriot, les parades sont compliquées.

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La guerre pousse à l’innovation et lorsque l’on n’a pas de moyens, il faut de l’imagination. C’est ainsi, selon les informations du Wall Street Journal, que l’unité ukrainienne spécialisée Night Watch serait parvenue à détourner deux missiles balistiques fonçant sur Kyiv.

Il pourrait s’agir d’Iskander-M et leur déviation aurait été effectuée alors qu’ils évoluaient sur leur phase de vélocité hypersonique. Au final, les deux engins se sont abîmés dans le Dnipro, le grand fleuve qui traverse la capitale ukrainienne. Le système de brouillage responsable de cette prouesse porte l’appellation de « Lima ».

« Lima » vise le Pérou, pas Kyiv

Il pourrait agir sur des drones, des missiles et des bombes guidées dans un rayon d’environ 193 kilomètres. D’après les informations du média américain, le principe général repose sur le spoofing, en faisant croire au missile qu’il est ailleurs. Le système vient leurrer des systèmes de navigation par satellite.

Contrairement au brouillage classique, qui perturbe la réception des signaux GPS ou d’autres systèmes GNSS, cette technique consiste à émettre de faux signaux suffisamment crédibles pour tromper le récepteur. Celui-ci continue alors de fonctionner, mais calcule une position erronée. Futura a déjà relaté les problèmes de spoofing GPS, qui touchent régulièrement l’aviation civile à proximité de certaines zones de conflit.

Tir d’un missile quasi balistique Iskander-M. En retombant à une vitesse hypersonique de la stratosphère, l’engin génère un plasma qui rend sa détection difficile. Il reste manœuvrant et embarque des systèmes de contre-mesure contre les brouillages. C’est ce qui rend son interception difficile. Mais elle n’est pas impossible. © TASS

Mais, tout comme les avions, les missiles combinent plusieurs technologies de navigation et pas seulement le GNSS. Un missile comme l’Iskander-M dispose d’un système de navigation inertiel, composé de capteurs qui mesurent ses accélérations et ses rotations. Son calculateur estime sa position à partir de ces données, sans avoir besoin du GNSS. Ainsi, la navigation continue de fonctionner lorsque les signaux satellitaires sont brouillés, même si les erreurs s’accumulent avec le temps. Le GNSS sert justement à corriger la position pour affiner la navigation. Mais en cas de spoofing, le calculateur peut très bien détecter certaines incohérences et privilégier sa navigation inertielle.

Enfin, hormis ces deux méthodes combinées ou pas, pour son guidage terminal, le missile dispose d’une correction de trajectoire optique à l’approche de la cible. Donc, au-delà du système de spoofing déjà abondamment utilisé, il y a certainement autre chose qui explique ce détournement.

Alors, comment « Lima » peut-il détourner les missiles ?

Trois hypothèses sont envisageables. Un leurrage satellitaire suffisamment efficace pour tromper le calculateur pendant une phase critique, si le missile dépendait à cet instant précis de ces informations. Autrement dit, il faut que cela se produise exactement au moment où le système cherche à vérifier sa position via le GNSS. Mais on peut aussi envisager une perturbation plus large de ses systèmes de navigation ou de guidage. Une perturbation dont la nature exacte reste inconnue et qui combine certainement des instruments de guerre électronique ou électromagnétique.

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Malgré cette prouesse, si elle est avérée, il est encore prématuré d’en conclure que « Lima » peut remplacer les intercepteurs. En effet, les résultats de ce système, dont on ne sait rien mis à part le spoofing GNSS, ont de fortes probabilités de varier selon les armes, leurs capteurs et les contre-mesures embarquées. Si, effectivement, des outils de guerre électronique inédits font partie du système et se révèlent efficaces, la Russie va chercher rapidement une nouvelle parade pour les contrer.

Comme toujours, les évolutions technologiques sont très rapides d’un côté et poussent l’autre partie à trouver des réponses adaptées, tout aussi vite.

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