Lorsque le casque Apple Vision Pro est sorti, de nombreux influenceurs ont voulu savoir s’il était possible de vivre dans la réalité mixte et l’ont porté dans la rue. Mais ce n’était rien de nouveau. Il existait déjà de nombreuses vidéos sur YouTube dans lesquelles des personnes ont tenté l’expérience de passer jusqu’à une semaine dans la réalité mixte, en voyant leur environnement, ou dans la réalité virtuelle pure, y compris pour dormir.
Tous sont arrivés à la même conclusion : le casque était trop lourd et inconfortable pour être porté pendant de longues périodes. C’est aussi le constat d’un étudiant de l’université de Kyūshū, au Japon. « Certains jours, il passe plus de temps en réalité virtuelle qu’à l’extérieur. Il essayait même d’y dormir, mais le casque l’empêchait de trouver une position confortable », se souvient le professeur Shogo Fukushima.
Présentation du fauteuil de réalité virtuelle conçu par des chercheurs de l’université de Kyūshū. © Shogo Fukushima
Une projection 3D aérienne sans rien sur la tête
Cela a été le point de départ d’un nouveau projet. Dans un article publié dans le cadre programme Emerging Technologies de SIGGRAPH 2026, des chercheurs de l’université de Kyūshū ont créé un système de réalité virtuelle plus confortable à utiliser. Avec les casques classiques, augmenter le champ de vision, la définition et la puissance de calcul de l’appareil signifie augmenter le poids de l’appareil, le rendant encore plus inconfortable. Leur solution ? Un appareil qui ne se porte pas sur la tête.
Le résultat est un fauteuil équipé d’un dispositif d’affichage stéréoscopique. Plutôt que de s’appuyer sur deux écrans placés juste devant les yeux pour présenter deux images légèrement différentes, ce nouveau système utilise de minuscules miroirs qui envoient un visuel distinct à chaque œil. Basé sur une technique d’imagerie aérienne, le système donne l’impression que la scène flotte devant l’utilisateur, au lieu d’apparaître sur un écran.
Ce fauteuil permet d’utiliser la réalité virtuelle sans devoir porter de casque sur la tête. © Université de Kyūshū
Réduire la cybercinétose
Le fauteuil intègre un gyroscope, ce qui permet à l’appareil de suivre les mouvements des utilisateurs, et de modifier la vue stéréoscopique en fonction. Ils peuvent ainsi se retourner pour voir le monde virtuel à 360 degrés. Le système n’a besoin d’aucun calibrage, et les utilisateurs ne portent rien. Le tout permet d’obtenir un monde virtuel immersif dans un espace restreint.
Un tel dispositif permettrait l’usage de la réalité virtuelle pendant de plus longues séances, sans la fatigue imposée par les casques. De plus, il pourrait réduire la cybercinétose, autrement dit le malaise que certains ressentent en utilisant la réalité virtuelle. « Sans les contraintes d’espace d’un casque, il devient possible d’intégrer plus librement des composants optiques plus imposants et des mécanismes mobiles. Cette flexibilité pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches pour réduire le décalage entre sensations visuelles et physiques, souvent responsable de la cybercinétose », affirme Shogo Fukushima.
Meta transforme son casque VR en lunettes ultralégères : le gain est spectaculaire mais il y a un compromis
Meta vient d’annoncer ses nouvelles lunettes de réalité mixte qui sortiront l’année prochaine. Malgré un format beaucoup plus compact et léger, elles ont toutefois un défaut qui pourrait freiner de nombreux utilisateurs…. Lire la suite
Casque vs fauteuil : des usages complémentaires
Les casques de réalité virtuelle ont clairement un avantage majeur face à ce genre d’appareil. En portant le dispositif sur la tête, les utilisateurs peuvent se déplacer librement dans le monde virtuel, par exemple pour avancer en marchant si leur environnement réel le permet. Il est plus facile de pivoter, par exemple pour tirer sur des ennemis derrière soi, ou de se pencher pour inspecter des objets. Et bon nombre d’expériences virtuelles nécessitent une certaine activité physique, comme les jeux de sport, le yoga, etc. Coincé dans un fauteuil, l’utilisateur ne pourra pas faire ces mouvements. Cependant, la majorité des déplacements dans la réalité virtuelle s’effectuent à l’aide des manettes, faute d’assez d’espace réel.
L’appareil créé par les chercheurs aurait ses propres cas d’usage, notamment pour travailler beaucoup plus facilement dans la réalité virtuelle pour la conception d’objets en 3D, proposer des exhibitions interactives dans les musées, commander à distance des robots, ou même transformer sa voiture en bureau.