Anthropic a mis au point un détecteur pour repérer les métiers que l’IA pourrait faire disparaître !

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Pour les parrains les plus célèbres de l’intelligence artificielle, la déferlante de l’IA actuelle ne va pas engendrer la transformation du travail, mais sa suppression.

C’est ce que répète régulièrement le chercheur Geoffrey Hinton, l’un des pionniers des réseaux de neurones artificiels. Pour lui, la viabilité économique des acteurs de l’IA et les investissements déraisonnables qu’ils attirent ne vaudront que lorsque les IA auront totalement remplacé les travailleurs humains. La réalité semble, pour le moment, contredire cette prospective inquiétante.


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Si destruction d’emplois par l’IA il y a, c’est surtout par la ruse des entreprises qui licencient actuellement. C’est ce que pointe notamment une étude d’Oxford Economics : aux États-Unis, associer les pertes d’emplois à l’utilisation accrue de l’IA plutôt qu’à d’autres facteurs négatifs est perçu plus favorablement par les investisseurs. L’image en est certes meilleure.

Pour ce qui est du territoire européen, selon une analyse récente de la Banque centrale européenne (BCE), les entreprises européennes qui utilisent intensivement l’intelligence artificielle sont aujourd’hui plus enclines à créer des emplois qu’à en détruire. D’après l’enquête menée auprès de 5 000 sociétés, celles qui exploitent l’IA ont environ 4 % de probabilité supplémentaire d’augmenter leurs effectifs. C’est contre-intuitif, mais la Banque européenne prévient que ces résultats ne valent que pour le court terme et ne préjugent pas des effets à plus long horizon.

L’indice « d’exposition observée »

Alors, est-ce que oui ou non les IA détruisent ou vont détruire les emplois ? Pour le savoir, il faut regarder du côté d’Anthropic, l’éditeur de Claude qui vient d’être banni par l’administration Trump pour avoir refusé à l’armée d’utiliser son IA pour faire de la surveillance de masse et de la transformer en arme de guerre autonome létale.

Anthropic a la réputation d’être l’IA américaine la plus vertueuse éthiquement. Cela se vérifie encore aujourd’hui au niveau sociétal, puisque deux chercheurs de la firme développent un système d’alerte précoce pour surveiller le risque de baisse de l’emploi induite par l’IA.

Dans leur étude, les scientifiques ont mis au point un nouvel indicateur du risque de suppression d’emplois par l’IA, appelé « exposition observée ». L’indice identifie les métiers qui pourraient supposément être supprimés à cause des IA. Il vérifie également les tâches qu’un modèle comme Claude peut théoriquement faire tout seul. Ensuite, il évalue si ces tâches sont déjà réellement réalisées par Claude dans la vraie vie, sans aide humaine.

Pour le moment, l’outil est conçu pour réaliser de la prévention. Il doit servir à identifier les perturbations potentielles au plus tôt, avant que des effets à grande échelle n’apparaissent sur le marché du travail.

Depuis l’arrivée publique de ChatGPT en 2022 et l’engouement mondial pour les IA génératives, aucune augmentation significative du chômage n’est observable dans les professions les plus exposées à l’intelligence artificielle. © Antropic

Zoom sur les professions qui peuvent être remplacées par l’IA

Pour l’instant, l’étude a permis d’identifier plusieurs professions où les IA assurent une couverture élevée des tâches. Il s’agit notamment :

  • des développeurs (75 %) ;
  • des conseillers clientèle (70,1 %) ;
  • des opérateurs de saisie (67,1 %) ;
  • des spécialistes des dossiers médicaux (66,7 %) ;
  • des analystes d’études de marché ou spécialistes marketing (64,8 %).

Mais selon les chercheurs, malgré les capacités de l’IA dans ces secteurs, les preuves de leur impact sont jusqu’à présent « limitées ».

Depuis fin 2022, les chercheurs n’ont constaté aucune hausse systématique du chômage parmi ces travailleurs fortement exposés. Il y a bien une nuance. Certains signes préliminaires indiquent un possible ralentissement de l’embauche de jeunes travailleurs dans ces secteurs. Il faut toutefois nuancer, car le rapport explique que l’intelligence artificielle n’a pas encore atteint tout son potentiel théorique.


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L’IA est toujours « adolescente »

Sa couverture dans le monde réel ne représente pour le moment qu’une fraction de ce qui pourrait être possible à terme. Selon les chercheurs, environ 30 % des professions ne remplissent pas le seuil minimal pour être considérées comme exposées dans cet indice.

Malgré ces signaux non significatifs, les scientifiques estiment que cela ne veut pas dire que dans l’avenir l’IA ne va pas détruire le travail. Malgré tout, leur indice permettra à terme d’identifier quels sont les emplois les plus vulnérables avant même que les suppressions ne soient visibles.

De manière générale – et l’élaboration de ces indices le prouve encore – il faut noter qu’Anthropic est depuis longtemps l’un des seuls acteurs de l’IA à mettre en garde contre les conséquences économiques de l’intelligence artificielle. Son patron a même publié une longue note dans laquelle il affirme que l’IA n’est encore qu’adolescente et qu’en « grandissant », elle devrait engendrer des perturbations particulièrement douloureuses sur le marché du travail.

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