« La promo, ce n’est pas forcément le diable, d’autant plus en ces temps difficiles, mais nous voulons montrer qu’il existe de nombreuses alternatives accessibles à tous les budgets et plus vertueuses », affirmait Ilfynn Lagarde, cofondatrice de youzd, à propos du mouvement Share Friday, lancé en 2024, pour encourager des pratiques de consommation plus responsables et accessibles à tous face aux dérives du Black Friday.
Une opinion partagée Tom Rouchy, cofondateur de Combak, un comparateur indépendant du reconditionné : « le Black Friday est une opportunité de réaliser des achats à moindre prix, bienvenus en ces temps de baisse de pouvoir d’achat pour bon nombre de Français, mais nous préférons parler de « Bon sens Friday », c’est-à-dire de n’acheter que ce dont vous avez besoin ». Il promeut pour cela de suivre la méthode Bisou, qui permet de se poser quelques questions avant de passer à l’acte d’achat et ainsi d’en évaluer l’utilité et la nécessité.
Passer de l’intention à l’acte
Combak profite d’ailleurs de cette occasion pour dévoiler ses chiffres et démontrer qu’il est possible de consommer durablement : en moins d’un an, 20 tonnes de CO₂ évitées, 60 000 kilos de matières premières non extraites, 18 millions de litres d’eau préservés et plus de 350 000 € d’économies réalisées par les usagers de la plateforme. L’impact environnemental est indéniablement appréciable, mais ne suffit pas toujours à convaincre certains consommateurs encore dubitatifs sur le reconditionné.
Si le nombre de smartphones d’occasion en circulation en France a triplé en sept ans, il n’atteint en effet en 2025 que 20 % du marché. Et même si selon l’Ademe, 70 % des consommateurs reconnaissent aujourd’hui le lien direct entre leurs choix de consommation et l’avenir de la planète, il reste désormais à passer de l’intention à l’achat.
N’acheter que ce dont on a réellement besoin et pourquoi pas un produit reconditionné ? © peopleimages.com, Adobe Stock
Il y a bien l’argument du prix qui entre en ligne de compte, puisque les appareils reconditionnés coûtent en moyenne entre 20 % et 50 % de moins que les neufs. Il est aussi question de faciliter l’acte d’achat, là où justement Combak s’est positionné. « Notre rôle est de faire connaître les produits reconditionnés et que le parcours d’achat soit aussi simple qu’en neuf », explique Tom Rouchy.
L’entreprise vient d’ailleurs de compléter son offre par l’intégration récente sur sa plateforme des ordinateurs portables et compte par la suite l’étendre à l’électroménager et d’autres catégories de produits. Un acheteur qui vient comparer un smartphone découvre ainsi d’autres équipements reconditionnés proposés par plus de 20 partenaires, dont Backmarket, Fnac, Darty, mais également avec Emmaüs ou des reconditionneurs en direct.
Un rôle de tiers de confiance
Combak tient aussi à lever un frein assez récurrent au reconditionné : la confiance. « En plus de garanties légales solides similaires à celles des articles neufs et du droit de rétractation, les produits sont soigneusement testés, réparés si besoin et remis à neuf par des professionnels », souligne Tom Rouchy.
Résultat : les taux de retour en neuf et en reconditionné sont les mêmes, de l’ordre de 5 %, et la durée de vie est également similaire, en moyenne quatre ans. « Nous avons un rôle de tiers de confiance, donc de sélectionner nos partenaires en fonction de leur historique, de la satisfaction client, de leurs approvisionnements et de leur engagement envers des pratiques commerciales éthiques », complète Tom Rouchy.
Le cofondateur de Combak invite par ailleurs à ce que chacun puisse alimenter ce gisement de produits reconditionnés : 2,4 téléphones sont inutilisés en moyenne par foyer et « c’est un sujet parce que si on ne peut pas s’approvisionner sur le territoire français, on est obligé de s’approvisionner ailleurs, ce qui réduit l’impact de notre achat » regrette-il.
Même si « dans le scénario où l’appareil a vécu sa première vie aux États-Unis, puis a été reconditionné en Asie, et dont toutes les pièces sont changées avec des pièces neuves, l’impact environnemental reste deux à quatre fois inférieur à celui d’un équipement neuf ». Combak complète ainsi son offre dans une rubrique Que faire de mes déchets ? avec l’outil développé par l’Ademe.
Quelle fin de vie pour un smartphone ? © AdemeAinsi, il est possible d’identifier quels sont tous les lieux à proximité de chez soi où il est possible de réparer son smartphone ou le déposer pour être reconditionné ou recyclé.