Chaque année, le projet de loi de finances révise de nombreuses mesures économiques pour maîtriser les dépenses et recettes de l’État. Parmi tous les secteurs visés par le projet, l’automobile et l’automobiliste ne font pas exception : règles d’attribution du bonus, malus écologique et autres taxes ont été au centre des attentions. Voici ce qui va changer pour 2026.
Prime coup de pouce : bonus augmenté
Retouchée à de nombreuses reprises, la prime coup de pouce se montre plus généreuse pour 2026. Désormais, cette mesure incitative, financée par les Certificats d’Économies d’Énergie, prévoit une enveloppe maximale de 5 700 € pour les ménages en situation de précarité énergétique, de 4 700 € pour les ménages modestes et de 3 500 € pour les autres ménages.
Dans le premier cas, le plafond est fixé à un revenu fiscal de référence de 23 768 € pour une personne seule, ou de 34 884 € pour deux personnes. Le plafond pour les ménages modestes est à 28 933 € ou 42 463 € respectivement. Au-delà se trouvent les autres ménages.
Outre les conditions d’éligibilité des acheteurs, le véhicule doit répondre à certains critères pour bénéficier de la prime coup de pouce. Il ne doit pas dépasser les 47 000 € (hors options) et il doit disposer d’un éco-score valable et calculé par l’Ademe. Celui-ci correspond au bilan carbone « du puits à la roue » d’une voiture. De manière générale, les voitures fabriquées en Chine échouent, notamment en raison de l’impact environnemental lié à leur acheminement en Europe. Il est à noter que les voitures équipées d’une batterie fabriquée en Europe peuvent bénéficier d’une surprime de 1 200 à 2 000 €.
Dès le 1er juillet 2026, tous les modèles qui n’obtiennent pas un score environnemental suffisant seront touchés par la taxe sur la masse. © rh2010, Adobe Stock
Malus écologique : c’est la punition
Autre marronnier du Nouvel An : l’augmentation du malus écologique avec une grille revue vers plus de dissuasion. Désormais, le seuil de déclenchement sera abaissé à 108 g/km de CO2, soit 5 g/km de moins que l’an dernier, avec un malus de 50 € qui viendra s’ajouter aux autres taxes à l’immatriculation. Voilà qui devrait diriger davantage le marché vers des voitures hybrides : la Renault Clio 6 essence d’entrée de gamme (114 g/km) est touchée par un malus de 190 €, alors que la version e-tech hybride (89 g/km) y échappe. Mais, cette dernière est affichée à 4 700 € de plus (19 900 € contre 24 600 €). Selon Dataneo, deux tiers des voitures neuves sont désormais concernés par le malus.
Tout en haut de la liste, le seuil de déclenchement du malus maximal est logiquement abaissé. Mais le montant grimpe de 10 000 €. Cette année, toutes les voitures émettant plus de 192 g/km de CO2 sur le cycle WLTP sont touchées par un malus de 80 000 €. À noter qu’il s’agit ici du montant maximal prévu pour toutes les taxes à l’immatriculation. Cependant, le projet de loi de finances 2026 envisage à terme de supprimer ce plafond. La facture pourrait être douloureuse.
Taxe sur la masse : les électriques concernées
La masse est l’ennemie du bien. Le gouvernement compte bien punir les excès. À l’instar du malus écologique, le seuil de déclenchement est une nouvelle fois réduit. Maintenant, tous les véhicules de plus de 1 500 kg seront touchés par cette taxe à l’immatriculation, avec un barème dissuasif là aussi. Ce dernier prévoit ainsi une taxe de 10 € par kilogramme supplémentaire entre 1 500 et 1 699 kg. De 1 700 à 1 799 kg, la grille passe à 15 €/kg. Et ainsi de suite jusqu’à la barre des 2 000 kg, où le barème prévoit 30 €/kg, dans une limite de 80 000 €.
Les véhicules dotés d’une forme d’hybridation profitent d’abattements. Les voitures micro-hybrides (Fiat 500, Peugeot 208…) et hybrides (Toyota Yaris, Hyundai Tucson…) bénéficient d’une « réduction » de 100 kg. Les véhicules hybrides rechargeables ont un abattement de 200 kg dans la limite de 15 % de la masse en ordre de marche (case G sur la carte grise) s’ils disposent d’une autonomie électrique supérieure à 50 km.
Pour le moment, les voitures électriques continuent d’être exonérées par la mesure. En revanche, dès le 1er juillet 2026, tous les modèles qui n’obtiennent pas un score environnemental suffisant seront touchés par la taxe sur la masse, mais avec toutefois un abattement de 600 kg pour prendre en considération le poids de la batterie.