Lors du CES 2026 à Las Vegas, les robots humanoïdes ont attiré l’attention. Ces robots qui reprennent des proportions humaines ont rarement un visage et il y a toujours quelque chose d’anxiogène à les observer nous singer.
Face à eux, il est difficile de savoir si le robot GrowHR, mis au point par des chercheurs de l’Université des sciences et technologies du Sud (SUST), à Shenzhen (Chine), fait partie de la même famille. Et pourtant…
D’abord, son esthétique : il est à la fois mignon et un peu étrange, comme si un ingénieur avait croisé un dessin animé et un prototype de laboratoire. Mais, hormis son aspect qui l’éloigne franchement de l’ambiance martiale et sérieuse des robots humanoïdes, il dispose d’atouts que les autres n’ont pas. Le robot est souple, capable de modifier sa taille pour se faufiler dans des espaces restreints et même de marcher sur l’eau ou de voler !
Les chercheurs ont publié leur étude dans la revue Science Advances. Ils y expliquent comment le robot s’inspire du développement osseux humain pour aller plus loin que les autres robots humanoïdes du moment. Ces derniers sont lourds et rigides. Ils peuvent facilement se casser et blesser les personnes aux alentours en cas de chute.
Pour le GrowHR, les chercheurs ont imité le principe des os humains qui sont à la fois solides et légers. L’équipe a ainsi créé l’équivalent d’os humains. La structure de son robot est constituée de chambres à air souples et étanches, enveloppées d’une enveloppe textile résistante. Lorsque de l’air est injecté dans ces chambres, les membres du robot peuvent s’étirer jusqu’à plus de trois fois leur longueur initiale. Cela leur confère une rigidité suffisante pour que le robot puisse marcher et transporter des charges. Il reste suffisamment souple pour encaisser les chocs éventuels.
Structure du système de croissance par gonflage comparée à celle de l’os (A). Comparaison entre le mécanisme de croissance des robots et celui de l’os (B). Tailles de GrowHR, à l’état gonflé et dégonflé, comparées à celles d’un adulte, d’un enfant et d’autres robots (C). Applications pour lesquelles GrowHR pourrait être utilisé (D). © Liu et al., Science Advances
Le robot parfait et rigolo
Ses os et ses membres sont raccordés entre eux par l’équivalent de tendons, sous forme de câbles de tension. Ils sont animés par des petits moteurs et des guides en fibre de carbone. Si le robot peut « grandir », il peut aussi « réduire » ses dimensions pour se faufiler un peu partout. En dégonflant les chambres des membres, il peut se réduire à 36 % de sa hauteur et à 61 % de sa largeur.
Autre atout : il est ultra léger. Avec son poids de 4,5 kilos et ses membres qui font office de bouées, il peut flotter, nager et marcher sur l’eau. En s’équipant de rotors, étant donné sa faible masse, il peut également voler comme un drone.
Son côté gonflable présente aussi une garantie de sécurité pour les personnes qui l’entourent. S’il perd son contrôle, il ne blessera personne.
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Pour le moment, ce GrowHR n’est qu’un prototype de laboratoire. Il est encore limité dans certaines situations, notamment dans l’eau, où son enveloppe étanche affecte sa motricité. Si l’aspect est très éloigné d’un Terminator rigide, ses capacités sont prometteuses surtout s’il s’agit de s’adapter à des environnements complexes.
Il pourrait alors se faufiler partout lors de missions de recherche, faire des sauts de puce avec ses rotors et se rendre dans des endroits inaccessibles par d’autres robots. Peut-être même qu’il serait aussi doué à la maison comme assistant aux tâches ménagères.