Passé 45 ans, ce n’est pas que les bras s’allongent, mais il devient nécessaire d’éloigner franchement le smartphone des yeux pour lire. C’est la presbytie et elle nécessite des lunettes de correction qu’il faut porter dès que l’on souhaite lire et que l’on enlève aussitôt que l’on veut voir plus loin.
Pour éviter d’avoir à retirer ces aides à la lecture, on peut compter sur les verres progressifs. Ils ont également l’avantage de combiner aussi bien la correction de la myopie, le cas échéant, que la presbytie ou l’hypermétropie. Il faut néanmoins s’y habituer et certains n’y parviennent jamais vraiment.
IXI a une solution qui est plutôt séduisante, puisque ce n’est pas aux personnes qui souffrent d’hypermétropie de faire des efforts, mais aux lunettes qu’ils portent. Pour le moment, il ne s’agit que de prototypes constitués de montures ultralégères (22 grammes). Dévoilées lors de ce CES 2026, les IXI sont fonctionnelles et ressemblent vraiment à des paires de lunettes standard.
Au niveau technologique, ces verres font l’autofocus d’eux-mêmes. Ils ajustent tous seuls la mise au point en fonction de ce que vous regardez. Un peu comme l’autofocus d’un appareil photo, mais pour les yeux. Pour cela, de petits capteurs dans la monture envoient une lumière infrarouge invisible vers l’œil. Ils analysent la réflexion pour savoir à quelle distance vous regardez (près ou loin). C’est ce qu’on appelle le « eye tracking » et c’est déjà utilisé dans certains casques de réalité virtuelle.
La seule différence, c’est qu’ici la consommation est minimale et que le système est miniaturisé pour des lunettes légères. Ensuite, pour réaliser la correction, il faut compter sur des verres à cristaux liquides. Selon le focus détecté, les cristaux liquides se réorientent pour modifier la réfraction du verre et donc la puissance et la mise au point. L’opération se réalise en seulement 0,2 seconde.
Les lunettes progressives du futur
L’électronique et la batterie sont cachées dans les branches et le haut de la monture afin que les lunettes restent fines et semblables à une paire classique. L’autonomie annoncée irait d’une journée à deux jours selon les versions. En cas de batterie vide, le verre revient à une correction de base pour la vision de loin.
Ce que cela change concrètement, c’est que vous n’avez plus besoin de cibler une surface du verre pour disposer de la correction adaptée comme avec les verres progressifs. C’est sur toute la surface du verre que l’on obtient la correction adaptée au point de vision (loin ou près). Il n’y a pas de canal de vision étroit ni de distorsions sur les côtés.
Le seul souci, c’est que pour le moment, cette technologie, aussi séduisante soit-elle, reste très haut de gamme et le prix, s’il n’est pas encore annoncé, devrait s’en ressentir. Quoi qu’il en soit, la startup finlandaise prévoit une mise sur le marché grand public autour de 2027 si les tests optiques et réglementaires se déroulent comme prévu.