Cette start-up fait fortune avec des chômeurs qui entraînent des IA pour automatiser leur ancien métier !

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Régulièrement, les parrains de l’IA, comme Geoffrey Hinton, alertent sur les dangers de l’intelligence artificielle faute d’un contrôle éthique strict. Parmi les scénarios les plus obscurs, il y a ceux autour de la destruction de la valeur travail et de l’emploi.

Dans les hypothèses les plus sombres, les IA pourraient reléguer l’humain à des métiers laborieux et sous-payés. Les IA seraient dédiées aux métiers autrefois détenus par les spécialistes hautement qualifiés et quelques privilégiés en profiteraient. Le présent semble donner écho à ce futur inquiétant.

Les prémices de cette ère se déroulent déjà aux États-Unis, la patrie de la plupart des IA du moment. Le marché du travail américain est en berne et le taux de chômage grimpe progressivement. Dans le même temps, de nombreuses entreprises du secteur de l’IA cherchent à concrétiser cette idée de remplacer certains métiers par leurs modèles d’IA. C’est exactement ce que fait dès maintenant Mercor, une start-up qui a aujourd’hui le vent en poupe.

La jeune entreprise pousse très loin le concept. La formation de ses IA est réalisée par des chômeurs de longue durée. Mais le souci, c’est que ces sans-emploi entraînent l’IA à effectuer les tâches qu’ils réalisaient auparavant dans leurs métiers.

L’IA du désespoir

À titre d’exemple, l’une des tâches relevées par une enquête du Wall Street Journal consiste à montrer à l’IA comment évaluer des clips vidéo. Il s’agit d’ailleurs sans doute des Reels, ces courtes vidéos publiées sur Facebook. Le média cite aussi l’exemple d’un ancien journaliste de la presse automobile : il aide l’IA à améliorer la génération d’articles journalistiques.

Au final, cela revient à rémunérer ceux qui peinent déjà à trouver du travail sur un marché de l’emploi en déclin, pour former leurs futurs remplaçants.

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La mise en abîme devient un peu plus grotesque lorsque le journal américain révèle que certaines personnes utilisent des IA pour évaluer les résultats des modèles d’IA. Une réalité absurde qui flirte avec l’humour noir.

Âgés de 22 ans, les trois fondateurs de Merco sont devenus les plus jeunes milliardaires de la tech en un temps record. Les scrupules passeront après… ou pas. © Mercor

Mise en abîme

C’est réel, c’est plutôt macabre, mais cela n’a pas l’air de déranger les créateurs de Mercor qui sont devenus récemment les plus jeunes milliardaires de la tech. Ces derniers se sont d’ailleurs fait remarquer il y a quelques mois en se passant brutalement de nombreux collaborateurs, pour ensuite leur proposer de les réembaucher à un salaire largement inférieur.

Si remplacer l’humain par l’IA reste le fonds de commerce des acteurs du secteur, les entrepreneurs qui ont franchi le pas le regrettent parfois amèrement. C’est l’expérience du patron d’une société de la Fintech, Klarna. Il était fier d’annoncer qu’il avait économisé 10 millions de dollars en confiant certaines tâches aux IA et en réduisant ses effectifs de 40 %. Un an après, le plan génial s’est effondré et les comptes de Klarna également. Le côté humain manquait dans les relations avec les clients et le patron a admis avoir commis une grosse erreur.

Les IA surestimées par les entreprises

Des études ont déjà constaté que les entreprises surestiment les capacités des IA. Et pourtant, elles sont encore loin d’être au point pour réaliser certaines tâches… même si elles progressent vite.

Par exemple, une étude de l’université Carnegie Mellon a révélé que même les meilleurs modèles d’IA échouaient à accomplir des tâches de bureau concrètes dans 70 % des cas. Elles s’en tirent néanmoins mieux pour certains travaux très spécifiques. Reste qu’elles évoluent sans cesse et que rien n’est prévu pour freiner leur développement, bien au contraire.

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Il y a peu, le prix Nobel Geoffrey Hinton expliquait que les investissements déraisonnables dans les modèles d’IA des acteurs du secteur ne pourront être rentables que lorsque l’IA remplacera le travail humain. La réalité est donc en train de montrer que cette intention est en voie d’accélération.

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