Collision en vue : SpaceX va descendre l’orbite de plusieurs milliers de satellites pour éviter la catastrophe !

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Le 17 décembre 2025 dernier, un des 9 357 satellites de Starlink a rencontré une anomalie et a coupé sa liaison terrestre. Lors de cet événement, l’engin a généré un petit nombre de débris qui sont désormais autant de dangers évoluant en orbite à 27 000 km/h. Ce sont autant de fragments qui risquent de perforer d’autres satellites sur des trajectoires différentes avec une vitesse d’impact deux fois plus élevée. Après cet incident, SpaceX a décidé de réduire l’altitude d’environ 4 400 satellites, les faisant passer d’une orbite moyenne de 550 kilomètres à 480. L’objectif ? Améliorer la sécurité orbitale dans une région de plus en plus congestionnée par des satellites et des débris spatiaux. Il faut dire que les deux tiers des satellites présents constituent la mégaconstellation Starlink.

Même si la majorité des fragments ne frappe rien, une collision majeure pourrait détruire un à deux satellites avec une dispersion de leurs débris sur plusieurs plans orbitaux. La probabilité de collision secondaire pourrait alors augmenter jusqu’à cinq fois en quelques années. On est encore loin du fameux syndrome de Kessler, mais chaque collision augmenterait considérablement la probabilité des suivantes. En abaissant l’altitude, en plus de réduire ce risque, avec l’atmosphère terrestre légèrement plus dense, les engins et débris positionnés plus bas retombent plus rapidement dans l’atmosphère pour se désintégrer.

Starlink estime que cette mesure permettra de réduire de plus de 80 % le temps nécessaire à la réentrée naturelle d’un satellite défectueux, limitant ainsi la durée pendant laquelle il pourrait devenir un débris dangereux. Au niveau de la liaison vers le sol, ce changement d’altitude ne devrait pas changer grand-chose. Il pourrait même bien réduire la latence. En revanche cette orbite plus basse devrait réduire la durée de vie de chaque satellite en raison d’une atmosphère plus dense et donc plus de traînée et de contraintes par frottement. Le trafic de renouvellement devrait donc augmenter. Mais c’est sans doute arrangeant pour l’opérateur qui pourra ainsi augmenter la cadence de mise en orbite de satellites de nouvelle génération plus performants.

La France, à travers le Cnes, cherche à donner l’exemple en renforçant la réglementation sur la régulation et la gestion des débris. Une loi sur les opérations spatiales existe même pour la France. Malheureusement l’espace reste un bien commun de l’humanité sans juridiction souveraine, elle n’a donc aucune contrainte.© Cnes

Compter sur le bon vouloir d’Elon Musk

Dans les altitudes actuelles des Starlink, il y a déjà des centaines de milliers de fragments de débris allant de la peinture microscopique à de grands étages de fusée. Ces débris circulent à plusieurs kilomètres par seconde. Les plus dangereux sont surveillés en temps réel et des corrections de cap sont appliquées aux satellites s’ils s’en rapprochent dangereusement. Ces débris proviennent de sources multiples : anciens satellites hors service, étages de lanceurs abandonnés, fragments résultant de collisions antérieures et même les essais d’armes anti-satellites menés par des pays comme les États-Unis, la Chine ou la Russie.

Le problème, c’est que sur le plan réglementaire, l’espace reste une sorte de « far west » des temps modernes. Outre quelques accords-cadres non contraignants sur la désorbitation en fin de vie, ou de coordination des trajectoires, il n’existe pas de loi internationale pour limiter les débris spatiaux. Mais face à la prolifération des satellites, certaines voix scientifiques et politiques appellent à des normes plus strictes sur la prévention des débris, la surveillance partagée et des mécanismes de responsabilité en cas de collision. Mais comme l’espace ne repose pas sur une juridiction souveraine claire, alors il faudra encore compter longtemps sur le « bon vouloir » d’opérateurs comme Starlink pour sécuriser les orbites.

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