Les drones sont désormais partout. Ils sont devenus une arme stratégique dans les guerres modernes, comme en Ukraine et en Iran. Ailleurs, même sans être armés, ils peuvent représenter une menace. Les incidents de drones non identifiés se multiplient. Ils survolent des aéroports, comme en Suède et au Danemark en septembre dernier, des bases militaires, ou d’autres zones sensibles. Ils peuvent être utilisés pour créer le chaos dans les aéroports, contraints de suspendre les vols, pour l’espionnage ou encore pour mener des cyberattaques par proximité du Wi-Fi.
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Dans ce contexte, Orange Business lance un système de « Lutte Anti-Drones » (LAD) baptisé Orange Drone Guardian. Jusqu’à présent, la protection contre les drones nécessitait un achat de matériel particulièrement coûteux et était donc principalement limitée aux installations militaires et à certains évènements. Orange Drone Guardian est capable de détecter et d’identifier les drones intrusifs, un service qui pourra être proposé partout en France. Il s’agit d’un système par abonnement, rendu accessible aux industries privées.
Un service entièrement souverain
En juin dernier, Orange a annoncé la création d’une nouvelle division au sein du groupe, la Direction Défense et Sécurité (DDS). Orange Drone Guardian est l’œuvre de la DDS, et s’appuie aussi sur la filiale Totem. Cette dernière gère les infrastructures passives, et notamment ses 19 700 sites utilisés pour l’installation d’antennes-relais mobiles. Orange compte équiper ceux proches des installations à protéger avec des capteurs de détection, fournis par Hologarde, filiale du groupe ADP et spécialiste de la lutte anti-drone.
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Le système s’appuie sur l’intelligence artificielle afin de « repérer, identifier et classifier les drones, y compris dans des environnements urbains et perturbés ». L’offre a été conçue pour être entièrement souveraine et clé en main. Toutes les données sont traitées par sa plateforme Cloud Avenue SecNum installée à Grenoble, avec un visa de sécurité SecNumCloud 3.2 délivré par l’ANSSI. La firme annonce aussi un centre de supervision sécurisé installé en France, avec des experts présents 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Orange « garantit un hébergement souverain, totalement étanche aux lois extraterritoriales ».
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5G Sensing : débusquer les drones furtifs
Pour l’instant, le système est limité à la détection des drones via leur puce d’identification à distance. Il ne permet donc pas de détecter les drones furtifs dont cette balise est désactivée. Toutefois, Orange compte utiliser le réseau 5G lui-même pour détecter les drones de manière passive grâce à ses capacités de radio sensing.
Avec cette technologie, les signaux 5G sont utilisés comme un radar, ce qui permettra de détecter tout objet survolant des installations, même furtif. Pour l’instant, seuls les militaires ou forces de l’ordre peuvent intervenir pour neutraliser un drone intrus.
Orange annonce trois déploiements dans un premier temps : au Val-de-Reuil (Eure), à Toulouse, et à Brétigny-sur-Orge. Les sites doivent être équipés de capteurs, ce qui signifie un certain délai, soit entre deux et trois ans, selon Hologarde, pour couvrir 2 000 sites sensibles. Orange indique également « une capacité d’extension en Europe ».