À la croisée de l’archéologie, du génie des matériaux et des technologies musicales, ce projet a permis de produire un son fidèle aux originaux, tel qu’on pouvait les entendre il y a plusieurs siècles.
Les instruments en question, notamment des flûtes et des sifflets, sont issus de la collection archéologique du Museum of Fine Arts de Boston, l’une des plus riches au monde avec plus de 1 450 pièces, dont certaines remontent à 1550 avant notre ère.
Entendre le passé
Pour parvenir à ce résultat, l’équipe a d’abord utilisé un scanner CT, fourni par la start-up Lumafield, pour cartographier à très haute résolution l’intérieur et l’extérieur des instruments. L’objectif était de pouvoir les modéliser sans risquer de les abîmer en les démontant. À partir des images volumétriques obtenues, les chercheurs ont extrait les dimensions exactes des parois, cavités, trous de jeu et défauts internes.
Combinées à des tests vibratoires et à des simulations numériques, ces mesures ont permis de synthétiser avec une grande précision les caractéristiques acoustiques de chaque instrument à partir de leurs géométries et de leurs propriétés matérielles, afin de les écouter virtuellement dans un premier temps. L’équipe a ensuite imprimé des copies en 3D, qui ont servi à fabriquer des moules en plâtre dans lesquels ont été coulées des pâtes spécifiques.
Cette méthode a permis de pouvoir entendre le son de plusieurs instruments anciens en argile et en céramique, notamment un sifflet de Paracas provenant du Pérou et daté entre 600 et 175 avant notre ère.
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L’impression 3D permet de faire progresser l’archéologie. © Mosaik Cristal
Un bond en avant archéologique
À ce jour, l’équipe a déjà recréé une trentaine d’instruments, mais compte en numériser à terme au moins une centaine afin de constituer une bibliothèque de formes, de sons et de données accessible pour la recherche future. Elle prévoit également de fabriquer des répliques de violons et de flûtes en bois en collaborant avec des luthiers locaux.
En recréant des instruments jouables et audibles, les chercheurs établissent un lien direct avec des peuples qui ont disparu depuis longtemps en entendant exactement ce qu’ils entendaient, et en ressentant ce qu’ils devaient ressentir.
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Ce projet permet d’en apprendre davantage sur ceux qui ont conçu ces objets à travers les matériaux choisis, les techniques de fabrication utilisées, mais aussi le type de musique qu’ils produisaient. C’est une véritable machine à remonter dans le temps qui permet à l’archéologie de faire un bond en avant.