L’incident a débuté dans la soirée du 24 juillet, lorsqu’une vague de signalements a envahi la plateforme Downdetector : plus de 60 000 utilisateurs de Starlink, principalement aux États-Unis et en Europe, se plaignaient d’une perte totale de service. Pendant plus de deux heures, le réseau mondial de SpaceX est resté hors ligne, un événement sans précédent depuis son lancement. Mais la surprise est venue après : la panne a été suivie d’une accélération spectaculaire des vitesses de téléchargement.
Un correctif logiciel à double effet
Selon Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez Starlink, la panne aurait été provoquée par une erreur dans un correctif logiciel déployé sur le réseau de stations terrestres. Ce logiciel contrôle la communication entre les satellites et les antennes au sol, un maillon essentiel du système.
Ironie du sort, ce même correctif contenait aussi des améliorations structurelles majeures, activées au moment du redémarrage du réseau. Autrement dit, la panne aurait permis à Starlink de mettre en service, par inadvertance, une mise à jour destinée à booster les performances globales du système.
La panne aura, sans le vouloir, accéléré la mise en service d’une mise à jour destinée à optimiser les performances de Starlink, le réseau satellite de SpaceX. © Inok, iStock
Des vitesses triplées et une latence stable
À peine la connexion rétablie, les réseaux sociaux ont été submergés de témoignages d’utilisateurs stupéfaits : « Ma vitesse a triplé », « Je n’ai jamais téléchargé aussi vite ! ».
Des tests partagés sur Reddit et Facebook montrent des débits dépassant les 300 Mbps, soit plus du double des moyennes habituelles. D’après les données internes publiées par la société, la vitesse moyenne en heure de pointe a atteint 200 Mbps aux États-Unis, avec une latence stable de 25,7 millisecondes.
Starlink a reconnu l’incident tout en assurant que ses équipes avaient renforcé les protocoles pour éviter toute récidive. L’entreprise précise que la mise à jour a optimisé la gestion du trafic inter-satellite, amélioré la résilience des transmissions et réduit la congestion des données sur le réseau.
Un service plus rapide que jamais
Starlink compte aujourd’hui plus de 6 millions d’abonnés répartis dans 140 pays. Son réseau repose sur une constellation de 7 800 satellites opérationnels, auxquels s’ajoutent des centaines de stations terrestres.
L’entreprise d’Elon Musk prépare déjà la prochaine étape : le lancement des satellites Gen3 en 2026, capables de fournir une capacité de 1 téraoctet par seconde. Cette nouvelle génération pourrait permettre à de nombreux foyers d’atteindre 1 Gbps en vitesse réelle, rendant l’Internet par satellite compétitif face à la fibre optique.
Quand la panne devient un progrès
Ce qui aurait pu ternir l’image de Starlink s’est finalement transformé en démonstration de robustesse technologique. Une coupure mondiale suivie d’un gain de performance sans précédent : le scénario illustre la capacité du réseau à évoluer rapidement et à corriger ses failles par l’innovation.
Pour beaucoup, ce service longtemps perçu comme une solution de secours pour zones isolées s’impose désormais comme une alternative crédible aux réseaux terrestres.
Vers un Internet plus rapide… depuis l’espace
L’épisode du 24 juillet restera comme une curiosité technologique : une panne globale qui débouche sur un Internet plus rapide. En repoussant les limites de la connectivité, Starlink confirme son ambition d’amener le haut débit jusque dans les régions les plus reculées.
Et cette fois, la promesse d’un Internet venu des étoiles semble plus réaliste que jamais.