Face aux Shahed, la Turquie sort un nouveau drone suicide bien plus redoutable que son TB-2

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C’était la star du ciel en Ukraine au début de l’invasion russe. Le drone turc Bayraktar TB-2 de Baykar a même fait l’objet de chansons et nourrit l’imagerie de la résistance à l’envahisseur russe. Avec ses munitions embarquées, son prix low-cost par rapport à des drones MALE américains, comme le MQ-9 Reaper, il pouvait frapper les forces russes n’importe où depuis le ciel.

Puis, on n’a plus du tout entendu parler de ce TB-2. Les forces russes ont trouvé la parade et le drone s’est retrouvé vulnérable et inutilisable. À la place, des dizaines de milliers de petits drones FPV servent d’artillerie rôdeuse pour anéantir les troupes russes de façon ciblée.

Mais depuis maintenant quatre ans, pour les populations ukrainiennes, la menace des drones repose désormais sur les fameux Shahed-136 de conception iranienne, modifiés et rebadgés « Geran » par les Russes. Propulsé par un moteur thermique à hélice et avec une vitesse d’environ 185 km/h, le Shahed est aussi rapide qu’un avion de tourisme, donc bien trop lent pour pouvoir être intercepté par des systèmes de défense aérienne modernes prévus pour détruire les missiles.

Avec son coût unitaire oscillant entre 20 et 50 000 dollars, il est considéré comme low-cost. Le frapper avec un missile défensif coûtant plusieurs millions de dollars est déraisonnable. Et générer l’attrition de ce type de munitions est justement son objectif : il permet d’ouvrir la voie aux véritables missiles.

C’est justement ce qui se passe en ce moment au Moyen-Orient depuis les débuts de l’opération Epic Fury menée contre l’Iran par les Américains et les Israéliens. Parfois, jusqu’à huit intercepteurs sont déployés pour l’abattre. Et comme Futura l’expliquait dernièrement, les Américains avaient négligé cette menace lors de la préparation de leur offensive.

Masse vs technologie

Le Shahed, c’est une aile delta portant une charge explosive de 40 kilos dans le nez, pour une masse maximale de 240 kilos, une longueur de 3,5 mètres et une envergure de 2,5 mètres. Il fait des dégâts : ce drone arrive généralement en masse pour saturer les défenses.

Son intérêt n’a pas échappé aux armées du monde entier et les Américains en ont même fait un clone pour réaliser des frappes sur l’Iran. Après le succès, puis le déclin de son TB-2, c’est justement ce genre d’engin sur lequel la firme turque Bayrak mise désormais avec son nouveau K2. Ce drone suicide, autrement appelé munition rôdeuse, est une sorte de réponse high-tech au fameux Shahed.


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La Turquie vient de réaliser des essais avec cinq K2 au-dessus du golfe de Saros. Son principal atout : il peut voler de façon autonome en formation. Les drones sont capables de capter leurs positions respectives et leurs algorithmes leur permettent d’évoluer en formation en V, en échelon et en ligne.

En aviation de combat, ces différentes configurations de vol en formation serrée permettent de leurrer les systèmes de détection en masquant le nombre réel d’aéronefs.

Sur un étrange fond musical de valse de Strauss, Bayrak montre les capacités de son drone suicide K2. © Bayrak

Un essaim autonome

Faire voler sans soutien au sol un essaim de drones suicides présente un véritable avantage pour réaliser une frappe par saturation. L’effet de surprise est garanti.

L’autre avantage, c’est que ce K2 fait également partie de la catégorie des appareils pseudo low-cost. Il faut dire qu’avec son système électro-optique et infrarouge pour verrouiller sa cible, son système de navigation dénué de GPS et son IA embarquée, il est sans aucun doute beaucoup plus onéreux qu’un Shahed.


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Le K2 est également bien plus imposant que le drone iranien avec ses ailes en flèche de 10 mètres d’envergure, son bec canard et ses 800 kilos de masse au décollage.

Contrairement au rustique Shahed, il peut embarquer 200 kilos d’explosif, ce qui s’approche beaucoup plus d’un véritable missile au niveau des effets à l’impact. Il est endurant, car il peut voler pendant plus de 13 heures et parcourir environ 2 000 kilomètres. En revanche, sa vitesse de croisière de 200 km/h est à peu près la même que celle du Shahed. La sophistication est cependant bien plus importante, ce qui range ce drone suicide dans une catégorie différente, celle des armes de pointe, très efficaces, mais dont le coût reste bien en deçà d’un véritable missile high-tech.

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