France Libre : ce que l’on sait déjà sur le futur porte-avions pensé pour les guerres de demain

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Le futur porte-avions français s’appellera « France Libre ». Et c’est devant la maquette de celui-ci, sur le site de Naval Group près de Nantes, que le président Emmanuel Macron a dévoilé ce nom symbolique. Un nom qui, selon lui, scelle « pour l’avenir un serment : pour rester libres, il nous faut être craints ; pour être craints, il nous faut être puissants et pour être puissants, être prêts ⁠aux efforts ».

L’effort en question porte également sur le coût de construction du navire, qui sera d’environ 10 milliards d’euros. Le Pang – pour « porte-avions de nouvelle génération », c’était son nom d’attente jusqu’à ce qu’il soit baptisé – devrait prendre la mer en 2038. Le porte-avions sera long de 310 mètres, sa masse de 80 000 tonnes sera 1,8 fois supérieure à celle du Charles de Gaulle.

Gros comme un porte-avions américain

Difficile de comparer l’actuel porte-avions à ce France Libre. Il sera bien plus volumineux et taillé pour durer. Globalement, il se rapprochera du gabarit de l’actuel porte-avions américain, le Gerald R. Ford, et sera même plus large. Il s’agira à la fois d’une base aérienne flottante, d’un centre de commandement et d’une plateforme numérique évolutive, capable de mener des opérations de combat en interconnectant des aéronefs, des capteurs et même de l’IA.

Plus que des avions de chasse, cette base flottante portera des systèmes aériens de combat collaboratifs, à savoir des avions pilotés associés à des drones de surveillance/renseignement et des drones de combat armés. Les deux réacteurs nucléaires K22, de 220 MW chacun, serviront à la fois à propulser le navire avec une autonomie illimitée et également à alimenter en énergie tous ses systèmes électriques, ses capteurs, ses systèmes défensifs à énergie dirigée et de puissants brouilleurs électroniques.

Le France Libre catapultera en un temps réduit jusqu’à 30 aéronefs (avions, drones) constituant des systèmes de combat collaboratifs. © Naval Group

Des catapultes qui font la différence

La déferlante d’énergie produite par les réacteurs nucléaires sera indispensable pour catapulter en un temps record la flotte aérienne du porte-avions. Car, contrairement aux porte-avions à tremplins, ou bien limités à des avions légers ou à décollage vertical, ce qui caractérise un véritable porte-avions, c’est sa capacité à lancer rapidement de véritables avions de combat polyvalents, comme le Rafale ou son successeur, ainsi que des avions de renseignement de type Hawkeye.

Pour cela, les catapultes sont donc d’une importance cruciale. Lors de la dernière édition d’Euronaval, à Villepinte, sur le stand de Naval Group, Futura avait pu voir la maquette du porte-avions et quelques images montraient qu’il disposera de trois catapultes. C’est une de plus que le Charles-de-Gaulle avec ses deux catapultes à vapeur R91.


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Ces nouvelles catapultes sont très différentes, car elles sont électromagnétiques. Baptisées Emals pour ElectroMagnetic Aircraft Launching System, elles disposent d’un moteur linéaire à induction. Il permet de lancer des aéronefs différents en adaptant la propulsion au poids de l’appareil.

Sur le rail de catapultage, un chariot est fixé au train de l’avion. Il est alors mis brutalement en mouvement par le champ magnétique du rail en adaptant la puissance selon sa masse. En tout, une trentaine d’avions de combat pourraient donc être gérés par ces catapultes sur le pont du bâtiment.

Comme la consommation d’énergie est adaptée à la masse de l’appareil, le procédé est bien plus économique que le catapultage à vapeur. Alors, cette technologie est certes d’origine américaine, mais la maintenance est plus simple et il est difficile et bien plus coûteux d’inventer ce qui existe déjà.

Un porte-avions vulnérable aux missiles hypersoniques ?

Pour les détracteurs considérant qu’un porte-avions n’est plus vraiment utile, rappelons que la France dispose de territoires tout autour de la Planète et que cette base aéronavale peut être déployée sur toutes les mers dans la durée. C’est moins onéreux que de multiplier les bases aériennes ici et là.

Pour ce qui est de sa vulnérabilité à des technologies de missiles hypervéloces manœuvrants, communément appelés hypersoniques, aucun porte-avions moderne n’est effectivement invincible. Mais, étant donné qu’il navigue et qu’il est accompagné d’un puissant groupe aéronaval, il reste mieux protégé que n’importe quelle base aérienne terrestre.


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De plus, il faut savoir qu’un missile hypersonique n’est manœuvrant que lorsqu’il réduit sa vitesse en fin de parcours. Or, plus il peut manœuvrer, moins il devient rapide, ce qui le rend plus facile à neutraliser. À l’avenir, les systèmes défensifs à énergie dirigée ou de brouillage pourraient d’ailleurs augmenter les capacités d’interception de ce genre d’engin.

Pour le moment, rappelons que la France fait partie du club très fermé des trois nations qui disposent d’un porte-avions doté de catapultes. C’est le cas des États-Unis et de la Chine. Sur son tout nouveau Fujan, la Chine vient d’ailleurs tout juste de tester un système équivalent à celui qui équipera le France Libre.

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