Ils ont inventé l’intelligence artificielle : Jean Bartik, la programmeuse du premier ordinateur électronique

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Née en 1924 dans le Missouri, Jean Bartik révèle des dons pour le calcul dès l’école primaire. En 1944, elle obtient un bachelor of science en mathématiques au Northwest Missouri State Teachers College. L’année suivante, alors que la Seconde Guerre mondiale va bientôt prendre fin, elle rejoint, à l’Université de Pennsylvanie, le groupe des six programmeuses de l’Eniac (Electronic Numerical Integrator Analyser and Computer), le premier ordinateur entièrement électronique qui peut être programmé pour résoudre la plupart des problèmes de calcul numérique.

Cette énorme machine, composée de 17 468 tubes à vide, de 7 200 diodes à cristal, de 1 500 relais, de 70 000 résistances, de 10 000 condensateurs et de 300 voyants lumineux, pesait 30 tonnes, occupait une surface de 139 m2 et fonctionnait avec des cartes perforées et des compteurs à anneaux à dix positions pour enregistrer les chiffres et effectuer des calculs.

Le premier ordinateur à programme stocké

À l’époque, programmer ne voulait pas dire coder. Il fallait configurer physiquement la machine à l’aide de câbles, d’interrupteurs et de tableaux de connexion afin de traduire des équations mathématiques complexes en circuits logiques.

Jean Bartik commence par apprendre la programmation de l’Eniac à l’aide de schémas, inventant des sous-programmes, des techniques d’imbrication et de débogage. Puis, avec ses collègues Frances Bilas, Ruth Lichterman, Elizabeth Snyder, Kathleen Antonelli et Frances Spencer, elle parvient à le convertir en ordinateur à programme stocké, ce qui permet de changer les instructions plus simplement et plus rapidement. Cette étape a été cruciale pour l’automatisation des calculs complexes préfigurant les algorithmes de l’IA.

À partir de 1949, elle travaille sur le Binac (Binary Automatic Computer), un des premiers ordinateurs à tubes à vide, puis, en 1951, sur l’Univac I (UNIVersal Automatic Computer I), le premier ordinateur commercial américain pour lequel elle conçoit des circuits logiques, et participe au développement du premier système de tri et de fusion.

L’Eniac, le premier ordinateur électronique. © Computer History Archive Project, YouTube

Les premières briques de l’IA

Ces machines sont les premières à fonctionner grâce à la programmation automatique, principe essentiel pour que les ordinateurs puissent traiter des données massives sans intervention humaine. Pour autant, si le travail de Jean Bartik, avec celui d’autres précurseurs, a permis de poser les premières briques logicielles de l’IA, la reconnaissance de ce qu’elle a apporté a été tardive.

Il faudra attendre 1997 pour qu’elle soit intronisée au Women in Technology International Hall of Fame avec les autres programmeuses de l’Eniac, puis 2008 pour qu’elle soit nommée membre d’honneur du Computer History Museum.

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Aujourd’hui, elle est considérée comme une pionnière de la programmation et une des femmes les plus importantes dans l’histoire de l’informatique. Elle est morte en 2011 à l’âge de 86 ans des suites d’une insuffisance cardiaque.

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