Née au Nouveau-Mexique en 1967, formée à l’ingénierie à l’Université de Californie à Santa Barbara, puis au MIT (Massachusetts Institute of Technology), Cynthia Breazeal est à l’origine des premiers systèmes robotisés qui reproduisent les émotions et les expressions humaines. Ses travaux ont permis de faire entrer les machines dans la sphère domestique, et les ont rapprochées de leurs utilisateurs en les dotant de nouvelles fonctions dédiées à la convivialité, à l’apprentissage et au soin.
Faire de l’IA un partenaire de confiance
En 2000, au laboratoire d’intelligence artificielle du MIT, elle conçoit Kismet, une tête robotique particulièrement expressive, dotée de grands yeux et d’une large bouche, qui peut parler avec une voix synthétique et afficher des émotions. Ce projet démontre que l’IA peut être utilisée autrement que pour faire du calcul, en simulant des interactions sociales et affectives, signant ainsi l’acte de naissance à la robotique sociale.
L’année suivante, elle fonde le Personal Robots Group, l’équipe du MIT Media Lab consacré à ce nouveau champ de recherche. Dès lors, ses travaux s’orientent vers la conception de robots qui peuvent créer un lien de confiance avec les humains, afin de leur servir de compagnon sur la durée. Elle cherche à rendre les machines capables de communiquer avec des gestes, des expressions, des intonations, des postures.
Cynthia Breazeal est une figure centrale de la robotique sociale, éthique et collaborative. © TED, YouTube
Vivre avec l’IA
En 2012, elle lance la start-up Jibo, avec l’objectif de commercialiser le premier robot familial socialement intelligent à destination du grand public. Le succès n’est pas au rendez-vous, mais cette expérience lui permet de tester et d’améliorer de nouveaux modèles d’IA, notamment génératifs, dans des interactions domestiques avec des humains sur le temps long.
Quelques années après, de retour au MIT, ses recherches vont se focaliser sur la notion de « living with AI ». Elle cherche à comprendre comment cette technologie peut être intégrée de façon plus harmonieuse à la vie quotidienne, afin de trouver des applications pertinentes dans la santé et l’éducation. Un peu plus tard, au sein du projet MIT Raise, elle développe des compagnons d’apprentissage qui interagissent avec les enfants pour leur apprendre à parler et pour stimuler leur curiosité, montrant ainsi que l’IA pouvait être utilisée de façon pertinente à des fins éducatives.
Figure pionnière et incontournable de la robotique sociale, Cynthia Breazeal a redéfini la notion de performance des systèmes d’intelligence artificielle en leur donnant une dimension relationnelle et éthique, posant ainsi les bases des agents conversationnels modernes.