Khamenei : comment une capitale entière a été transformée en outil de renseignement

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Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une série d’attaques contre l’Iran. Ils sont notamment parvenus à tuer le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs autres hauts dirigeants iraniens, une frappe ciblée dont la réussite dépendait avant tout des services de renseignement, aussi bien le Mossad que la CIA. En seulement 60 secondes, les frappes ont réussi à éliminer le dirigeant du pays et 40 hauts gradés, une prouesse qui a nécessité une grande préparation en amont.


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Le renseignement israélien est divisé en trois branches : le Mossad (renseignement extérieur), l’Aman (renseignement militaire), et Shin Bet (renseignement intérieur). Grâce à ces services, pendant la guerre des 12 jours en juin dernier, les frappes israéliennes ont pu viser avec beaucoup de précision des cibles nucléaires. Et les informations collectées ont été cruciales dans la série d’attaques qui a débuté ce week-end.

Les caméras de circulation piratées

Mais comment ont-ils pu collecter suffisamment d’informations ? Selon un rapport du Financial Times, les services de renseignement israéliens avaient des yeux partout dans le pays et plus particulièrement dans sa capitale Téhéran, où ils ont piraté quasiment l’intégralité des caméras de circulation il y a plusieurs années.

Cette surveillance est intégrée dans un système bien plus complexe, propulsé par l’intelligence artificielle. Une « machine à produire des cibles », selon CNN. Israël a pu ainsi cartographier de manière détaillée la capitale et dresser un tableau de l’activité qui s’y déroulait, grâce à l’analyse de ces images, d’images satellites, des communications interceptées et des renseignements humains. Tout est analysé par des algorithmes puissants, puis validé par des équipes humaines, comprenant notamment des analystes de données et des ingénieurs.

Lors des attaques en juin dernier, le guide suprême était à l’abri dans un bunker. Cette fois, les services de renseignement savaient qu’il se rendait à une réunion avec des hauts dirigeants dans ses bureaux rue Pasteur à Téhéran. Une occasion impossible à laisser passer.

Localisation des frappes israéliennes et américaines le 28 février à Téhéran, Iran. © Financial Times

Une campagne d’intelligence qui a duré des années

Ils ont notamment utilisé la technique de l’analyse des réseaux sociaux, autrement dit l’étude mathématique des relations sociales (sans rapport avec Facebook, donc…), associée à de puissants algorithmes. Pendant des années, ils ont collecté des informations sur les déplacements des cibles et surveillaient tout leur entourage, allant jusqu’à dresser un « schéma de vie » des gardes du corps et des chauffeurs, incluant leurs adresses, leurs horaires de service, ou encore les itinéraires empruntés pour aller au travail.

Israël a aussi pu neutraliser les antennes-relais autour de la rue Pasteur afin d’empêcher que l’équipe de sécurité de Khamenei soit prévenue de l’attaque.

De leur côté, les États-Unis ont lancé une série de cyberattaques afin de « perturber, dégrader et aveugler la capacité de l’Iran à voir, à communiquer et à réagir » selon le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées des États-Unis.


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Pour mener cette attaque, Israël a utilisé des Blue Sparrow, des missiles balistiques longs de 6,5 mètres. Ils pèsent 1 900 kilos et ont une portée de 2 000 kilomètres et, souligne le Financial Times, peuvent atteindre une cible de la taille d’une table à manger à plus de 1 000 kilomètres. Les États-Unis ont utilisé pour la première fois un nouveau missile baptisé Precision Strike Missile, avec une portée de 500 kilomètres.

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