Si les sous-marins sont de redoutables prédateurs, c’est grâce à leur furtivité. Difficile de les traquer lorsqu’ils sont sous l’eau. Pour y parvenir, la solution la plus efficace consiste à immerger ou poser sous forme de bouées des balises acoustiques et d’autres capteurs. Cette chasse aux sous-marins est généralement réalisée par des hélicoptères.
La Royal Navy compte plutôt sur un drone pour réaliser ce type de mission. Un drone qui est en fait un véritable hélicoptère robotisé. Il s’agit du Proteus et il est basé sur la cellule de l’hélicoptère AW09 de Leonardo. L’engin vient tout juste de faire son vol inaugural au Royaume-Uni, à la base de Predannack, en Cornouailles.
L’aéronef pèse autour de trois tonnes et il est capable d’embarquer une charge utile d’une tonne. Il peut évoluer à une vitesse de pointe de 260 km/h. Comme il est débarrassé de son équipage est de toute l’instrumentation, sa capacité d’emport en carburant supplémentaire lui donne une autonomie de vol de cinq heures. Sa soute modulaire lui permet d’embarquer des lanceurs de bouées acoustiques, un radar de recherche maritime, ainsi que d’autres capteurs et systèmes de communication.
Un traqueur de sous-marins
L’appareil sera interconnecté avec les hélicoptères Merlin et Wildcat, ainsi que les F-35B de la Navy pour partager les données recueillies. Il leur servira « d’extension » pour conserver les équipages éloignés du danger, puisque par nature un drone est sacrifiable.
Si sa mission principale reste la lutte anti-sous-marine, le drone pourra également servir de « bête de somme » pour réaliser du transport logistique. L’aéronef n’est pas télépiloté, mais vole en autonomie en suivant les consignes de la mission qui lui a été attribuée.
Son intégration à la Navy n’est toutefois pas pour demain, mais s’inscrit déjà parfaitement dans la nouvelle stratégie de défense britannique publiée en juin dernier. Une partie de cette stratégie repose sur « l’Atlantic Bastion ». Il s’agit de traquer les sous-marins dans l’Atlantique, la mer du Nord et l’Arctique grâce à un maillage numérique constitué de capteurs immergés ou en surface, dont certains éléments pourraient justement être transportés par des appareils comme le Proteus.