La Chine teste l’impensable avec une centrifugeuse qui compresse le temps et l’espace : les chiffres donnent le vertige

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La Chine bat des records technologiques et de plus en plus, elle joue seule dans sa catégorie. L’une des dernières innovations remarquables repose sur la recherche sur l’hypergravité avec la centrifugeuse CHIEF1900. Mise au point par le groupe Shanghai Electric Nuclear Power, elle surpassera la précédente, la CHIEF1300, qui a été mise en service en… septembre dernier. 

À quoi servira cette machine de plusieurs tonnes qui est en cours de finalisation après seulement 5 ans de construction ? À comprendre l’impact de forces gravitationnelles supérieures à celles de la Terre sur les matériaux et les structures, comme les cellules végétales et animales, par exemple. La seule façon connue d’y parvenir et d’utiliser une centrifugeuse géante capable de simuler les conditions de l’hypergravité. Cette dernière se mesure en g, les mêmes que ceux endurés par les pilotes de chasse, mais cette fois, sur des masses qui se comptent en tonnes, ce qui fait peser des forces colossales.

Ainsi la CHIEF1900 simule une hypergravité qui porte son chiffre, soit 1 900 g-tonnes ! C’est de loin la centrifugeuse la plus puissance au monde. Elle dépasse l’ancien record de la centrifugeuse du Corps des ingénieurs de l’armée américaine à Vicksburg, dans le Mississippi, qui plafonne à 1200 g-tonnes. Mais dans tous les cas, ces installations ne visent pas uniquement à comprendre les effets de l’hypergravité dans le cadre des voyages spatiaux humains. Elle sert surtout à compresser l’espace et le temps.

Voici une photo de la CHIEF1300 qui a battu le précédent record. Elle est installée à proximité du campus de l’université du Zhejiang à Hangzhou tout à l’est de la Chine. La nouvelle centrifugeuse va encore plus vite. © Shanghai Electric Nuclear Power

Elle compresse l’espace et le temps

Tous les objets sur Terre sont soumis à la gravité et à la force centrifuge générée par la rotation de la planète. Avec cet engin, l’idée est la même, mais en générant des forces des milliers de fois supérieures à celle de la gravité terrestre, avec une rotation ultrarapide. Le temps et l’espace sont donc comprimés et cela permet d’étudier des phénomènes s’étendant sur des décennies ou sur des kilomètres en très peu de temps et… d’espace.

À titre d’applications, il y a celles qui permettent d’estimer la circulation de polluants dans les sols et leurs effets après plusieurs millénaires. En tout, six chambres d’essais sont disponibles, cela va de l’ingénierie des pentes et des barrages, en passant par la géotechnique sismique, l’ingénierie des grands fonds marins et celle de l’environnement de la terre profonde, pour finir avec celle des processus géologiques et le traitement des matériaux.

Il y a un peu plus d’un an, le bâtiment capable de l’accueillir n’existait même pas. Alors avoir construit en quelques années une telle installation présente un véritable challenge. Il faut pouvoir concevoir des éléments capables de supporter des mouvements à grande vitesse et des conditions de fonctionnement complexes. Et puis il y a la chaleur considérable que la centrifugeuse génère avec sa haute vitesse de rotation. Les composants doivent pouvoir l’encaisser et pour les refroidir, l’équipe à mis au point un système de contrôle de température sous vide qui utilise un mélange de liquide de refroidissement et de ventilation. Alors qui dit mieux ? Et surtout, pour quels types de recherches ?

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