Le retour sur investissement de l’IA, nouvelle inquiétude des patrons

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Les parrains de l’intelligence artificielle sont unanimes. Le développement sans contrainte des IA est dangereux et les investissements démesurés et sans doute déraisonnables ne seront rentables qu’à partir du moment où elles remplaceront l’essentiel des travailleurs. C’est ce qu’affirme, par exemple, le Nobel Geoffrey Hinton.

L’appât du gain rapide et une grande confiance en ces IA ont déjà eu des effets catastrophiques une fois adoptées en entreprise. De grandes sociétés qui se vantaient d’avoir fait des millions d’économie en licenciant la plupart de leurs salariés en les remplaçant par des IA ont rapidement et amèrement regretté ce choix.

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Les IA ne sont clairement pas douées pour remplacer les travailleurs humains. Du moins, pas encore… Et cette tendance se ressent d’ailleurs chez les dirigeants des grandes entreprises qui ont beaucoup investi dans les IA en pensant qu’elles augmenteraient leurs performances.

Pour le moment, les chiffres ne mentent pas. Selon une enquête internationale (95 pays), menée par PwC auprès de 4 454 dirigeants d’entreprises, plus de la moitié des patrons qui ont misé sur l’IA pour réaliser des bénéfices n’ont pas eu les retours financiers escomptés. Pire encore, la facture est parfois salée, car ils ont dû faire des investissements massifs pour mettre en place cette transformation numérique.

Le mirage des IA

Ils sont précisément 56 % à estimer que l’IA n’a ni augmenté leurs revenus ni diminué leurs coûts sur la dernière période fiscale. Le tableau n’est cependant pas totalement sombre. Un peu moins de 30 % des dirigeants ont constaté une progression du chiffre d’affaires liée à l’IA. Mais le Graal recherché, à savoir une hausse des revenus associée à une baisse des dépenses grâce à cette technologie, n’a été obtenu que par 12 % des entreprises. C’est déjà un début et cela signifie que l’IA peut effectivement être productive, mais cette situation contraste fortement avec l’enthousiasme affiché dans les plans stratégiques et les budgets alloués qui continuent à croître.

Cette contradiction – entre enthousiasme du discours et faiblesse des résultats financiers – marque un moment de vérité qui n’est pas facile à admettre pour les dirigeants. 

PwC, qui a mené l’enquête, a présenté ses conclusions lors du sommet actuel de Davos. Pour la société d’audit et de conseil, 2026 s’annonce comme une année décisive pour l’IA en entreprise. © PwC

L’IA n’est pas « plug and play »

Si elle est devenue pour les entreprises un « must » pour attirer talents, investisseurs et partenaires, la mise en œuvre des IA reste la plupart du temps superficielle ou éclatée en projets pilotes. Des projets qui ne deviennent jamais opérationnels pour pouvoir générer du profit.

Ce constat montre finalement qu’adopter une IA, c’est bien, mais que l’IA n’est pas du tout plug and play. Elle ne fonctionne pas comme une souris que l’on branche sur un ordinateur allumé pour l’utiliser immédiatement.

Le problème à ce jour, c’est que les entreprises sont incapables d’intégrer l’IA dans des processus clés. Elles restent donc contenues dans des initiatives isolées qui n’entrent pas vraiment dans la chaîne de valeur. En résumé, pour le moment, c’est plus la peur de louper le coche qui pousse les dirigeants à investir dans l’IA.

Il n’y a pas que l’incapacité à intégrer utilement les IA dans les processus de l’entreprise qui pose problème. L’IA elle-même pose problème. L’année dernière, un rapport du MIT a révélé que 95 % des tentatives d’intégration de l’IA générative dans les entreprises n’ont jusqu’à présent pas permis d’obtenir une accélération rapide du chiffre d’affaires.

Les hallucinations des IA ou leur incapacité à réaliser des tâches parfois simples et concrètes ont été relevées. Enfin, la sécurité des données confidentielles des entreprises reste problématique. Personne ne sait si ces données ingérées par l’IA ne vont pas être régurgitées à l’extérieur à n’importe quelle occasion.

Est-ce que les dirigeants vont freiner pour autant sur leurs investissements dans les IA ? La réponse est clairement non. Ils y croient et vont encore plus investir dans la technologie. Reste à savoir s’ils vont revoir leur stratégie pour les intégrer efficacement. 

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