Plus fort que Starlink : l’internet stratosphérique pourrait étendre la connectivité à toute la planète

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En 2026, malgré les 10 000 satellites déployés par Starlink et les 650 de la constellation OneWeb, la connectivité universelle est loin d’être atteinte. D’après le rapport Faits et chiffres 2025 de l’UIT (Union internationale des communications), l’institution des Nations unies pour le numérique, près d’un quart de l’humanité n’a pas accès au réseau, ou alors dans des conditions extrêmement mauvaises.

Plusieurs raisons à cela… Tout d’abord parce que depuis l’espace, la bande passante devient nettement moins performante dès que la densité d’utilisateurs est trop importante. Ensuite, parce que fournir une connectivité stable et efficace à un endroit précis du globe nécessite de mettre en œuvre une flotte complète de satellites en orbite basse, ce qui est à la fois complexe et extrêmement coûteux. Enfin, parce que le prix de ce type de connexion est actuellement trop élevé pour une grande partie des populations des pays en développement. La solution se trouve dans la stratosphère, à mi-chemin entre la terre et l’espace, et va commencer à se développer dès cette année.

La fiabilité de la couverture Internet est à ce jour limitée dans plusieurs régions du monde. © peopleimages.com, Adobe Stock

Réduire la fracture numérique mondiale

Cette liaison Internet à haute altitude fonctionne grâce à l’utilisation de plateformes HAPS (High Altitude Platform Station), qui peuvent être des dirigeables, des ballons, des drones ou des aéronefs sans pilote, stationnées entre 18 et 25 kilomètres au-dessus du sol, contre 500 depuis l’espace.

Alimentées par des panneaux solaires et des batteries, elles peuvent rester en vol pendant des semaines, voire des mois. En raccourcissant la distance entre l’émetteur et la cible, elles fournissent une connexion haut débit, à faible latence et à faible coût, sur des centaines de milliers de kilomètres carrés, dans des régions rurales ou isolées où le déploiement de la fibre et des antennes classiques n’est pas économiquement viable.

Des connexions universelles depuis le ciel

Le concept n’est pas tout à fait nouveau… Développé dès les années 1990, il a été perfectionné dans les années 2000. Lancé en 2011, le ballon Loon d’Alphabet promettait la généralisation de ces dispositifs, avant d’être abandonné en 2021. Le maintien en position au-dessus d’une zone donnée, la résistance au vent, la logistique de lancement et de récupération, avaient rendu le modèle trop cher par rapport à des réseaux satellitaires qui étaient déjà largement industrialisés.

Aujourd’hui, plusieurs acteurs des télécommunications sont parvenus à corriger les défauts de ce projet et se préparent à démontrer le potentiel de cette technologie pour la transmission d’Internet depuis la stratosphère dès cette année.

C’est le cas de la start-up américaine Sceye, qui a développé un dirigeable à énergie solaire gonflé à l’hélium de 65 mètres de long, capable de fournir un service de connectivité stratosphérique opérationnel en maintenant parfaitement sa position sur la durée. Autre exemple avec Aalto HAPS, une filiale d’Airbus qui a construit un drone solaire de 25 mètres d’envergure, baptisé Zephyr, qui peut rester en vol au même endroit pendant 67 jours consécutifs.

Enfin le britannique World Mobile a conçu un drone à hydrogène qui procure une bande passante de 200 mégabits par seconde. À titre d’exemple, neuf plateformes de ce type suffiraient à fournir un accès Internet haut débit aux 5,5 millions d’habitants de l’Écosse pour un coût de 80 centimes par personne et par mois, contre 75 livres sterling pour un abonnement Starlink.

En complément des antennes terrestres et des constellations de satellites, l’internet stratosphérique possède tous les atouts pour atteindre la connectivité universelle, mais son essor va dépendre du cadre réglementaire pour le partage de spectre et de la gestion du trafic avec les réseaux existants.

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