Chez Google, il se passe quelque chose que l’on ne voit pas, mais qui fait trembler les éditeurs de sites web d’information. Une étude menée par Digital Content Next indique que le trafic de référence depuis Google Search a chuté jusqu’à 25 % pour de nombreux sites, depuis la montée des IA. Dans certains cas, le taux de clics a plongé jusqu’à 61 %. Plus globalement, et toujours d’après plusieurs études récentes, près de 7 recherches sur 10 se terminent désormais sans clic vers un site externe. Pour un média ou une petite entreprise dépendant de ce trafic via les Google Ads, c’est une catastrophe.
Alors est-ce que c’est le début de la fin pour le moteur de recherche Google à l’ancienne et son écosystème ? Depuis plus de 20 ans, l’entreprise de Mountain View structure notre façon de chercher, de consommer et même de penser l’information. À chaque modification de l’algorithme, la firme faisait trembler les médias qui devaient s’adapter aux nouvelles règles ou disparaitre. Pour tous les éditeurs et notamment, ceux qui cherchent à délivrer des informations fiables de façon indépendante et gratuitement, comme Futura, il fallait donc rester en permanence sur ses gardes.
Mais les temps changent et Google aussi s’est fait piéger par l’arrivée fulgurante de la révolution des IA génératives grand public. L’intelligence artificielle générative transforme la recherche sur le Web. Aujourd’hui, on n’a plus besoin de cliquer sur des liens pour obtenir une réponse : les chatbots fournissent directement des synthèses instantanées. Pas de clic, pas de revenus pour les médias,… Le processus va s’accentuer avec des navigateurs dédiés à l’IA et lancés par les acteurs du secteur, c’est notamment le cas avec Perplexity ou OpenAI. Pratique pour l’utilisateur, mais très problématique pour les sites et les créateurs de contenus qui voient leur trafic et leur visibilité chuter.
Comment jouer à se faire peur en ouvrant le tableau de bord de Google Ads. © Google
Le temps…, l’argent
Le temps de la recherche pure se rétrécit également. Car en parallèle, des plateformes comme TikTok, Instagram ou Threads, grignotent l’attention des internautes. Les contenus courts, visuels et viraux séduisent une génération qui zappe d’une vidéo à un post, laissant les moteurs classiques derrière elle. On ne cherche plus l’info, on en est inondé et on la consulte frénétiquement. Difficile de vérifier, de s’informer face à cette avalanche et une journée se limite à 24 heures. Difficile aussi de générer des revenus pour les éditeurs dans ces conditions. Google doit désormais rivaliser non seulement avec la concurrence directe, mais aussi avec cette distraction permanente qui caractérise le web moderne.
Comment retenir l’attention ?
Si ces changements sont difficiles à absorber pour les médias en ligne, est-ce la fin de Google pour autant ? Forte de sa colossale colonne vertébrale financière, la firme a mis les bouchées doubles pour continuer à tenir le pavé. Son IA Gemini est parvenue à remonter la pente et l’écosystème logiciel avec Android, les applications et l’ensemble des services que tout le monde utilise, lui permettra de façonner l’évolution et de se maintenir.
En revanche, le moteur de recherche traditionnel, tel qu’on l’a connu va certainement mourir à petit feu au profit de Gemini. Mais le géant d’internet reste également un vendeur de publicités et, pour le rester, il va devoir trouver un moyen via Gemini, pour que les éditeurs de contenus puissent percevoir des revenus. En 2026, Google ne va donc pas mourir, mais ne retiendra plus l’attention. Les plus impactés seront les éditeurs qui vont devoir faire leur propre révolution et trouver d’autres chemins pour attirer cette attention et parvenir à se financer. Cette transition vitale pour certains sera tout l’enjeu de cette année.