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« La demande électrique est susceptible d’être multipliée par 4 d’ici 2050, du fait de l’hyper croissance numérique conjuguée à la démographie. Parallèlement, la durabilité de notre planète Terre exige aujourd’hui que la production de cette énergie soit décarbonée et qu’un terme soit mis au prélèvement intense des ressources naturelles », souligne Jean-Luc Alexandre, président fondateur de Naarea qui travaille depuis 2005 avec Ivan Gavriloff sur une solution pour produire de l’énergie décarbonée et à faible coût : le XAMR. Ce réacteur est en plus adaptable à des espaces géographiques, petits marchés électriques, zones isolées, sites où l’accès à l’eau est limité.
La 4e génération de réacteurs
Ce réacteur nucléaire, dit de 4e génération, fait suite aux EPR (European Pressurised Reactor ou réacteur pressurisé européen) pour en améliorer la durabilité, la sûreté et la compétitivité. Parmi les 6 technologies qui la composent, Naarea est la seule à avoir opté pour les sels fondus fonctionnant sous pression atmosphérique, où se produit une réaction de fission intrinsèquement auto-régulée à haute température (environ 700 °C).
En plus d’améliorer drastiquement la sûreté du fait de la dynamique inhérente aux réacteurs à sels fondus, ils n’utilisent pas d’eau, ce qui exclut également le risque d’explosion, mais « donc sans besoin d’une source proche et qui limite l’impact sur l’environnement », précise Jean-Luc Alexandre. Le micro-générateur Naarea est intégralement contrôlable et pilotable à distance 24h/24h, 7j/7j et ne nécessite pas de maintenance lourde sur place.
Le XAMR produit de l’énergie décarbonée au plus près des consommateurs industriels. © Naarea
Fermer le cycle du combustible nucléaire
La technologie se nourrit en plus de combustibles nucléaires usagés, ce qui ferme ainsi complètement le cycle du combustible nucléaire. « Certains composants vont aussi avoir une 3e vie industrielle par exemple pour la radioscopie médicale », ajoute Jean-Luc Alexandre. Utiliser les matières radioactives usagées permet de limiter l’exploitation des mines, de réduire drastiquement le recours aux ressources naturelles et d’apporter une solution au traitement des déchets nucléaires de longue durée de vie actuellement entreposés qui offrent une réserve pour plusieurs centaines d’années au moins. Reste à acquérir l’acceptabilité par la population et c’est pour cette raison que Naarea s’entoure d’un comité d’orientation social et sociétal, « pour faire participer la population à notre réflexion et qu’elle en comprenne tout l’intérêt pour elle comme pour la Planète », espère Jean-Luc Alexandre.
Une réponse au « trilemme » énergétique
Est-ce à dire que cette technologie va remplacer toutes les autres dans les années à venir ? Selon Jean-Luc Alexandre, « c’est un élément complémentaire du mix énergétique. Des solutions d’énergie existent mais leur grande taille comme le nucléaire conventionnel, leur dépendance à l’égard des réseaux de transport d’énergie ou leur intermittence comme les énergies renouvelables n’en font qu’une réponse partielle et insuffisante au regard de la demande immense qui ne cesse de croître ». C’est une solution qui répond en tout cas au « trilemme », défini par le Conseil mondial de l’énergie qui doit être durable, pour lutter contre le dérèglement climatique ; équitable, pour un accès universel au développement ; sûre, pour la souveraineté des territoires et des nations.
Une stratégie validée par France 2030
Naarea a d’ailleurs été lauréate de l’appel à projets « Réacteurs Nucléaires Innovants » du plan d’investissement France 2030. Ce dont se félicite Jean-Luc Alexandre car cela « valide notre stratégie de projet industriel, nous a apporté encore plus de crédibilité auprès de nos partenaires et représente aussi une formidable opportunité d’avoir une collaboration privilégiée avec le CEA ».
Après la finalisation d’un jumeau numérique en 2023, la société pourrait produire les premiers micro-générateurs dès 2027. Naarea se positionne à la fois sur le développement, la conception, l’installation, l’exploitation, la maintenance, mais aussi le recyclage, le retraitement et la déconstruction de ses micro-générateurs. « Nous avons un engagement vis-à-vis de la Planète. En gardant la main sur l’intégralité de la chaîne, nous en garantissons la sûreté mais aussi l’optimisation », affirme Jean-Luc Alexandre.