En matière de défense antiaérienne, la tendance est aux drones intercepteurs. Des petits drones rapides à prix militairement raisonnables, capables d’intercepter un drone suicide au plus tôt, pour le neutraliser avant qu’il ne s’approche de sa cible.
Futura a évoqué le cas récent du Fury 120, conçu pour la petite PME alsacienne, ALM Méca. Il s’agit d’un drone à réacteur capable d’accélérer à 700 km/h pour détruire une menace. On connaît également le Roadrunner M, proposé par l’américain Anduril. Il est plus polyvalent, mais certainement plus onéreux. Mais le drone Coyote Block 3 NK de Raytheon (filiale de RTX) est, quant à lui, un tueur en série doté d’une arme invisible.
Contrairement aux autres modèles à usage unique qui viennent exploser à proximité de leur cible, le Coyote Block 3 est capable d’abattre tout un essaim de drones, puis de revenir à sa base, intact pour être réutilisé.
C’est un atout certain, puisque les autres modèles d’intercepteurs sont en réalité l’équivalent de munitions « intelligentes ». Et quand elles viennent à manquer, la défense aérienne s’arrête… De son côté, le Coyote Block 3 NK utilise un armement électromagnétique pour « griller » ou brouiller l’électronique d’un essaim de drones avec un seul tir ! Il a été testé dernièrement par l’armée américaine sur le site d’essais de Yuma, en Arizona (États-Unis).
Le scénario impliquait une dizaine de drones provenant de différentes directions. L’objectif était de tester le capteur radiofréquence en bande Ku du radar de soutien, pour vérifier s’il était capable de suivre plusieurs cibles simultanément. Le test pur du Coyote reposait sur son habilité à assurer le bon verrouillage des cibles et ses facultés à prendre des décisions pour engager le combat.
Vidéo du Coyote au départ de l’interception, du verrouillage de cible et de la décision d’engager. © RTX
Une arme invisible
L’arme électromagnétique transportée reste de type inconnu. Il peut s’agir, soit d’un système à micro-ondes haute puissance (HPM), soit d’une suite de guerre électronique (EW) avancée. Le souci du premier, c’est que pour « griller » tout un essaim, il lui faut une puissance élevée et donc un emport de batteries conséquent. Le second type d’arme se contente de brouiller les signaux, sans détruire les composants du drone. Avec ce procédé, sans signal, le drone perd sa capacité à naviguer, mais il n’est pas pour autant détruit.
Si l’on ne sait pas exactement quelle est la nature de son arme, les informations techniques sur le Coyote Block 3 sont connues. Il s’agit de la troisième variante de la plateforme Coyote de Raytheon.
L’engin est propulsé par un moteur à turbine et manœuvre avec ses quatre ailerons, dont deux ailes qui se déploient au lancement. Il conserve les performances du Block 2 avec lequel il partage la cellule et le moteur, mais remplace l’ogive explosive par cette arme électromagnétique.
Contrairement à son prédécesseur, il n’est donc pas à usage unique. Si la plupart des spécifications du Coyote sont classifiées, il possède une portée, une vitesse et une altitude suffisantes pour engager les drones militaires de moyenne et grande taille. Il peut également servir de nœud au sein du réseau de commandement et de contrôle de la défense aérienne de zone avancée. Il est aussi capable de chasser en meute avec une répartition des cibles de manière autonome entre les drones.