Schedule, l’app d’emploi du temps qui fait débat en Apple Store

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L’arrivée d’une nouvelle app pour les employés des Apple Store a été accueillie avec circonspection par certains, inquiets d’une possible capacité de leur employeur d’accéder à des données personnelles. Une retenue jugée toutefois exagérée par d’autres de leurs collègues.

Schedule

À la toute fin juillet, Apple a proposé à ses employés en Store d’installer “Schedule”, une app conçue pour qu’ils consultent plus facilement leur emploi du temps, leurs congés ou encore pour échanger entre eux des horaires de présence.

Une app réclamée depuis un bon moment, nous ont expliqué plusieurs contacts, car jusqu’à présent tout devait se faire depuis une interface web, “MyPage”, bien moins pratique qu’une app mobile.

L’ardeur à installer “Schedule” a été néanmoins refroidie chez quelques-uns au vu d’un message d’information passablement anxiogène :

L’administrateur peut recueillir des données personnelles, ajouter ou supprimer des comptes et des restrictions, installer vos apps, les gérer et dresser leur liste, ainsi qu’effacer à distance les données de votre iPhone.

Pour une société qui axe une large partie de sa communication sur le respect de la vie privée, l’introduction du texte avait de quoi rebuter. L’installation de cette app est régie par un système de gestion des appareils mobiles (MDM) comme on en trouve dans les grandes entreprises équipées de flottes de smartphones et d’ordinateurs (dans le cas présent Apple se repose sur les outils standards de Jamf).

L’app est tout à fait optionnelle mais s’en passer c’est revenir sur le portail web mal-aimé. Schedule n’est pas resté longtemps sur certains iPhone, ou n’a pas été installé du tout sur d’autres. Un contact dans un Store avec une petite centaine d’employés, nous a affirmé que moins de 10% d’entre eux l’avaient conservée.

D’autres employés ont toutefois relativisé la portée des actions à distance qui sont permises par le fichier de profil à installer avec cette app (et qu’Apple invite d’ailleurs à supprimer ensuite [MàJ] : en fait cela a pour effet de supprimer l’accès à l’app). D’opérations sur les données personnelles il n’est effectivement pas fait mention lorsqu’on entre dans le détail de ces actions. Apple a prévu les cas suivants :

  • Effacer données et réglages
  • Verrouiller l’appareil et supprimer code
  • Liste des profils configuration
  • Ajouter/ supprimer des profils de configuration
  • Liste des informations sur l’appareil
  • Liste des données réseau
  • Liste des applications installées
  • Liste des informations de restrictions
  • Liste des informations de sécurité
  • Appliquer les réglages
  • installer et supprimer des applications et données

Un message tendant à calmer les esprits a été relayé auprès des responsables des magasins. En définitive cela ressemble d’abord à un défaut de communication, sur un sujet sensible et à propos duquel Apple est pourtant pointilleuse habituellement, du moins lorsqu’il s’agit de ses clients. D’autant que d’autres apps internes sont déjà régies par un MDM, à Cupertino c’est le cas pour l’app du self-service et celle de réservation d’un vélo.

Reste que cet épisode a ému la CFDT, l’un des trois syndicats représentés chez Apple Retail France, qui réclame plus de communication et d’informations sur ces sujets.

Si cet outil « va dans le sens des employés afin de pouvoir échanger [nos] horaires » il ouvre la porte à quelques questions : « Il ne faut pas occulter le problème principal qui est la non prise en compte de nos activités ou obligations personnelles lors de la réalisation des plannings, et que ce qui devrait être exceptionnel ― l’échange d’horaire avec un collègue ― risque de devenir la règle. De plus nous avons peur que les managers s’en servent pour modifier nos horaires sans communiquer avec nous, sous prétexte que nous serions notifiés par l’appli (quid du coup si on décide de ne pas mettre l’application sur notre appareil perso ?). Chose déjà effective en partie avec MyPage et nos emplois du temps informatisés ».

La CFDT cite enfin l’exemple du fabricant Xiaomi dont les salariés français en stores sont équipés de téléphones professionnels, fournis par leur employeur. Là où les employés en Apple Store doivent faire avec leur téléphone perso, acheté à prix quelque peu réduit certes, mais qu’Apple en tout cas ne leur fournit pas. Des iPhone personnels de plus en plus nécessaires pour profiter d’apps comme Schedule ou pour participer aux défis internes et qui peuvent se retrouver soumis aux règles d’un système de gestion de flotte.

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