Ironie de la situation : les États-Unis frappent l’Iran avec un clone de son propre drone suicide Shahed !

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L’opération américano-israélienne Epic Fury contre l’Iran a débuté le 28 février sans que l’on sache vraiment quels en sont les buts de guerre ni, du moins, ce que sera « le jour d’après ». Parmi les engins employés pour la déferlante de frappes sur les cibles stratégiques iraniennes figure un drone d’attaque américain d’un nouveau genre : le Lucas. Déployé aux côtés de missiles de croisière, de bombardiers et des forces aériennes traditionnelles, ce drone est, ironie de la situation, une version américaine du Shahed-136 iranien.

Produit par Téhéran, ce dernier a été abondamment utilisé par la Russie pour frapper les centres urbains en Ukraine depuis fin 2022. Rebaptisé Geran et désormais produit massivement en Russie, ce drone suicide fait toujours des ravages en Ukraine.


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Conscient de l’intérêt de ces munitions rôdeuses relativement bon marché, l’Occident multiplie les expérimentations autour de ce type de drones. Alors que les États-Unis et les Européens avaient tout misé sur la haute technologie, le conflit russo-ukrainien leur a démontré que le low-cost produit en masse compte beaucoup.

Ainsi, les Américains ont procédé à de la rétro-ingénierie à partir d’un exemplaire de Shahed-136 capturé. Conçu par SpektreWorks, une entreprise basée en Arizona, le Lucas (Low-Cost Unmanned Combat Attack System) reprend l’architecture générale du drone iranien, avec ses ailes delta conçues pour une stabilisation naturelle et un vol prolongé à vitesse modérée.

Les États-Unis ont annoncé l’utilisation du drone d’attaque Lucas en soulignant qu’il s’agit bien d’un clone modifié du Shahed-136 iranien. © US Central Command

Un clone stratégique

L’aéronef est propulsé par un moteur thermique à hélice positionné à l’arrière. Cette configuration lui permet à la fois de réduire l’empreinte radar et de voler plusieurs centaines de kilomètres à une altitude de croisière optimisée pour une faible consommation de carburant. Il navigue avec un mix de systèmes inertiels classiques et du GPS/GNSS.

Tout comme le Shahed-136 iranien, il peut être lancé via une catapulte ou prendre rapidement de l’altitude par fusée, avant de démarrer son moteur.

Comme il s’agit d’une munition volante qui tombe sur sa cible, son nez est donc équipé d’une charge explosive. Celle-ci serait d’environ 18 kilos. Ce n’est pas significatif, mais suffisant pour que l’ennemi consomme énormément de munitions défensives pour tenter de l’abattre. Car il faut savoir que les systèmes anti-aériens ne sont pas conçus spécifiquement pour détruire ce genre d’appareil, relativement lent et petit. Ils sont faits pour neutraliser des missiles rapides. Un essaim de ce type de drone fait consommer beaucoup de munitions à l’ennemi.


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Du fait de l’attrition, des missiles plus coûteux et performants passent les défenses pour neutraliser les cibles stratégiques. Le coût estimé de ce drone tourne autour de 30 000 à 35 000 dollars. Un prix dérisoire par rapport aux missiles guidés classiques qui peuvent coûter plusieurs centaines de milliers de dollars à l’unité.

Armes de masse abordables

L’emploi de systèmes comme Lucas reflète une évolution majeure dans la doctrine militaire américaine et occidentale. La supériorité ne repose plus seulement sur des systèmes coûteux et sophistiqués, mais aussi sur la production en quantité d’armes efficaces à bas coût, capables de saturer les défenses ennemies.

Le Lucas n’est pas un Shahed-136 classique et ne se limite pas à sa fonction de munition à usage unique. Il a été modifié pour plus de polyvalence. Il est donc capable d’accueillir différentes charges utiles – par exemple, pour faire de la reconnaissance ou de la guerre électronique.

L’utilisation opérationnelle de ce type de drone dans les frappes contre l’Iran sert également à envoyer un signal d’un nouveau genre aux alliés et adversaires : il n’y a pas que la supériorité technologie pour conduire la guerre. Washington est désormais prêt à déployer concrètement des masses d’armes low-cost imaginées par l’ennemi contre lui.


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À mesure que les technologies d’autonomie, de communication sécurisée et d’intelligence artificielle progressent, on peut s’attendre à ce que ces systèmes low-cost deviennent plus sophistiqués, voire capables de coordination en essaim pour saturer encore plus efficacement les défenses.

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