Disparitions d’animaux : attention aux arnaques qui ciblent les propriétaires

Author:

Chaque jour, des centaines d’animaux de compagnie sont signalés disparus sur Internet. Chiens, chats, mais aussi lapins ou furets font l’objet d’avis de recherche publiés sur des forums, des groupes Facebook ou des sites spécialisés.

Pas le temps de lire ? Découvrez cette actu au format audio dans notre podcast Vitamine Tech, animé par Adèle Ndjaki. © Futura

Pour maximiser les chances de les retrouver, les propriétaires diffusent des photos, leur numéro de téléphone et parfois même le numéro de la puce électronique de l’animal. Si cette mobilisation en ligne permet souvent de relayer rapidement une disparition, elle peut aussi exposer les propriétaires à des tentatives d’escroquerie.

Des escrocs qui exploitent les avis de recherche

Le mode opératoire est relativement simple. Des individus malintentionnés consultent les annonces publiées en ligne et en récupèrent les informations. À partir de ces éléments, ils élaborent un scénario crédible puis contactent les propriétaires en se faisant passer pour une personne de confiance : vétérinaire, bénévole d’association, employé de refuge ou simple particulier affirmant avoir trouvé l’animal.

 Des individus malintentionnés n’hésitent pas à contacter les propriétaires d’animaux disparus © ArtMArie, iStock

Le contact se fait généralement par téléphone ou par message. Le discours est souvent alarmant : l’animal aurait été retrouvé blessé, hospitalisé ou placé dans un refuge nécessitant des frais immédiats. Le ton est pressant, parfois dramatique, afin d’inciter le propriétaire à réagir rapidement. Pris dans l’émotion et l’espoir de retrouver leur compagnon, certains propriétaires acceptent alors de verser de l’argent sans procéder à des vérifications approfondies.

La puce électronique, un élément facilement détourné

Pour renforcer la crédibilité de leur récit, les escrocs s’appuient sur les informations publiées dans l’annonce : nom de l’animal, race, quartier de disparition ou particularités physiques. Le numéro de puce électronique est parfois utilisé comme argument supplémentaire. En France, l’identification est obligatoire pour les chiens depuis 1999 et pour les chats nés après 2012 dès l’âge de sept mois. La puce électronique contient un identifiant unique, comparable à une plaque d’immatriculation. Lorsqu’un interlocuteur affirme avoir « scanné la puce » de l’animal, cela peut donc sembler convaincant. Pourtant, ce numéro peut simplement avoir été copié dans l’annonce en ligne, voire être totalement inventé.

Un phénomène difficile à quantifier

Le nombre exact de ces arnaques reste difficile à établir. Beaucoup de victimes ne portent pas plainte, par manque de temps, de preuves ou parce qu’elles préfèrent se concentrer sur la recherche de leur animal. Le phénomène s’appuie néanmoins sur une faille bien connue : la diffusion publique d’informations personnelles sur les réseaux sociaux. Les groupes publics constituent des outils efficaces pour relayer rapidement une disparition, mais ils offrent également une visibilité totale aux escrocs potentiels. Ces derniers n’ont pas besoin d’avoir vu l’animal. Il leur suffit d’exploiter les informations disponibles pour construire une histoire plausible.

Comment limiter les risques

Quelques précautions simples permettent toutefois de réduire les risques d’escroquerie. Il est d’abord conseillé de ne pas publier l’intégralité des identifiants de l’animal. Qu’il s’agisse du numéro de puce électronique ou du tatouage, masquer une partie du code reste suffisant pour confirmer une identification tout en limitant les abus. Le choix des espaces de diffusion est également important. Les groupes publics permettent une diffusion rapide, mais les groupes privés ou modérés offrent généralement un cadre plus sécurisé, avec des membres identifiés.
 
 

Les informations à ne pas divulguer quand on perd son animal de compagnie.© Kateryna, Adobe Stock

Par ailleurs, il est fortement déconseillé d’envoyer de l’argent sans preuve tangible. Une simple photographie ne constitue pas une garantie fiable. Mieux vaut demander un détail précis que seule une personne ayant réellement l’animal sous les yeux pourrait connaître. Enfin, la forme du message peut aussi constituer un signal d’alerte : un ton excessivement pressant, des incohérences ou des fautes nombreuses doivent inciter à la prudence.

Les outils numériques au service des recherches

Si Internet peut être exploité par des fraudeurs, il constitue également un outil précieux pour retrouver un animal perdu. Plusieurs bases de données centralisées et applications mobiles permettent aujourd’hui de signaler rapidement une disparition et de diffuser l’information à grande échelle. Certaines plateformes utilisent même des technologies de reconnaissance visuelle pour rapprocher la photo d’un animal errant d’un avis de recherche. Les colliers GPS connectés représentent également une solution efficace pour localiser un animal, bien que leur coût reste parfois dissuasif.


Lire l’article



Quant à la puce électronique, elle demeure un élément central du dispositif d’identification. Bien qu’elle ne permette pas de localiser l’animal, elle garantit une identification officielle, à condition que les coordonnées du propriétaire soient régulièrement mises à jour. Dans ce contexte, la vigilance reste essentielle. Partager un avis de recherche demeure indispensable pour retrouver un animal disparu, mais diffuser l’information avec prudence permet de préserver l’élan de solidarité tout en limitant les risques d’arnaque. 
 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *