Le Royaume-Uni installe une arme laser sur ses navires de guerre avec cinq ans d’avance

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La multiplication des drones militaires à faible coût a créé une asymétrie financière intenable pour les armées : dépenser un missile valant plusieurs centaines de milliers d’euros pour abattre un appareil qui en coûte quelques centaines.

Les armes à énergie dirigée visent précisément à corriger ce déséquilibre. Le laser britannique DragonFire (Dragon de feu), appelé à équiper des destroyers, en constitue l’illustration la plus avancée en Europe.

Un tir à douze euros

DragonFire a été développé par un consortium réunissant MBDA, Leonardo et QinetiQ, pour le compte du laboratoire de défense britannique Dstl.

Le système projette un faisceau d’une puissance de 50 kilowatts, capable d’intercepter des cibles aériennes évoluant à grande vitesse. Lors des derniers essais conduits dans les Hébrides, en Écosse, l’arme a neutralisé des drones volant à 650 kilomètres par heure, soit environ le double de la vitesse de pointe d’une Formule 1.

Le Royaume-Uni a testé le « dragon de feu », un puissant canon laser

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L’argument économique est frontal. Chaque tir consomme l’équivalent de 10 livres sterling d’électricité, environ 12 euros. À ce tarif, des centaines de menaces aériennes peuvent être traitées pour le prix d’un seul missile conventionnel.

Ce laser anti-aérien révolutionnaire ouvre une nouvelle ère dans la stratégie militaire britannique. © Janiecbros, iStock

Une précision revendiquée au kilomètre

Le dispositif combine plusieurs fibres laser en un faisceau unique. Des capteurs électro-optiques assurent le suivi de la cible et le guidage du tir en continu.

Selon le ministère britannique de la Défense, cette précision permet d’atteindre un objet de la taille d’une pièce de monnaie à un kilomètre de distance. Autre différence avec les munitions classiques : l’absence de rechargement. Le laser peut tirer tant que le navire produit de l’électricité.

Un calendrier accéléré de cinq ans

La Royal Navy prévoit d’équiper quatre destroyers de type 45 d’ici 2027. Le calendrier initial visait 2032. Cette accélération s’est traduite par un contrat de 316 millions de livres signé avec MBDA. Le Royaume-Uni deviendrait à cette échéance le premier pays européen de l’Otan à disposer d’une arme laser opérationnelle sur un bâtiment de guerre.

Les limites de la munition illimitée

L’idée d’un stock de munitions inépuisable se rapproche sans être acquise. Plusieurs contraintes techniques subsistent.

Le laser exige une ligne de visée directe avec sa cible, ce qui le rend inopérant dès que celle-ci est masquée. Son fonctionnement dépend entièrement de la capacité du navire à produire de l’électricité. La gestion de la chaleur générée constitue par ailleurs un défi d’ingénierie à part entière.

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Les essais menés jusqu’ici totalisent plus de 300 tirs réussis, ce que les responsables du programme interprètent comme un signe de maturité suffisante pour un emploi opérationnel.

Une compétition qui s’intensifie

D’autres pays avancent sur des dispositifs comparables. L’Espagne travaille sur un laser destiné à protéger ses avions de transport militaire. La Chine affirme de son côté avoir nettement réduit ses délais de fabrication de composants laser.

Les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ont accéléré ce mouvement en exposant la vulnérabilité des défenses classiques face aux essaims de drones. En Ukraine, les forces armées consomment des missiles coûteux pour neutraliser des appareils à quelques centaines d’euros, un rapport que les états-majors jugent insoutenable dans la durée.

La montée en puissance des armes à énergie dirigée devrait, selon les analystes du secteur, redessiner les équilibres navals au cours des prochaines décennies.

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