Un peu de fantaisie et d’esprit français pour un projet très sérieux, cela ne fait pas de mal et donne une bonne communication. C’est la formule adoptée par la startup HyPrSpace, basée en Gironde, avec sa fusée suborbitale baptisée Baguette One.
Passées les blagues, cette fusée pourrait bien ouvrir une nouvelle page du spatial français. D’abord parce que, pour la première fois, une fusée développée par une entreprise privée va être lancée depuis la France métropolitaine.
La Direction générale de l’armement (DGA) vient en effet d’annoncer son soutien à HyPrSpace et c’est depuis le centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse, dans les Landes, que la fusée devrait être lancée dès l’an prochain.
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Quant à la « baguette » volante, derrière le clin d’œil très français se cache un véritable démonstrateur technologique. Baguette One doit tester une propulsion hybride conçue par HyPrSpace. Elle associe un comburant liquide à un carburant solide. Une technologie qui promet des moteurs plus simples, moins coûteux et potentiellement plus faciles à produire.
L’armée en embuscade derrière la baguette
Cette première « baguette » n’aura pas vocation à atteindre les étoiles, mais de tester la motorisation hybride. Son rôle sera également de préparer le terrain pour le véritable mini-lanceur orbital de HyPrSpace baptisé OB-1. Là encore, l’acronyme reste ludique, puisqu’il se prononce Obi One, comme le célèbre Jedi de Star Wars.
À terme, la startup veut pouvoir placer de petits satellites en orbite basse et participer à la construction d’un accès français et européen plus réactif à l’espace. Si la technologie intéresse directement les armées, c’est parce la DGA prévoit d’utiliser ce vol pour mener des expérimentations liées notamment aux technologies hypersoniques, à la microgravité et à la simulation.
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Le Cnes va également participer à l’opération. Ce genre de partenariats se multiplie ces dernières années. Il illustre un changement de dimension pour le New Space français.
Longtemps, l’accès à l’espace a été l’affaire des grandes agences et des industriels historiques. Désormais, des startups – comme HyPrSpace – cherchent à développer des lanceurs plus petits, plus rapides à préparer, et potentiellement capables de répondre aux nouveaux besoins civils et militaires. Si son premier vol est une réussite, cette petite fusée au nom emblématique pourrait devenir le premier épisode d’une aventure bien plus ambitieuse : donner à la France une nouvelle voie d’accès souverain à l’espace.