Imaginez un pays qui construirait des autoroutes avant même de savoir combien de voitures les emprunteront. Puis, des centaines d’autoroutes supplémentaires en supposant que le trafic va exploser. C’est, de manière simplifiée, le pari des géants de la tech autour de l’intelligence artificielle.
Comme Futura l’a déjà expliqué à maintes reprises, les investissements dans les data centers capables d’entraîner et faire tourner les modèles d’IA sont déraisonnables.
D’ailleurs, pour l’un des parrains de l’IA, Geoffrey Hinton, selon les critères d’investissement classiques, l’IA devrait être un paria, économiquement parlant. Face à cette avalanche de dollars, selon une enquête de Bain Company, le compte n’y est pas.
Pour Geoffrey Hinton, prix Nobel : l’IA ne sera rentable que lorsqu’elle aura détruit le travail !
Considéré comme le parrain de l’IA, Geoffrey Hinton tire la sonnette d’alarme. Pour lui, l’IA pourrait un jour surpasser et dominer ses créateurs. C’est un scénario catastrophe déjà évoqué à maintes reprises, mais le scientifique va plus loin en expliquant qu’il est possible d’agir, plutôt que de financer des IA dont on est voué à perdre le contrôle…. Lire la suite
À l’horizon 2031, même avec le plus grand optimisme, les applications commerciales de l’IA ne devraient générer qu’environ 1 800 milliards de dollars. Or, pour que le secteur soit économiquement justifié, il faudrait qu’il génère autour de 6 000 milliards de dollars annuels à cette échéance.
Le tonneau des Danaïdes de l’IA
Si pour le moment, l’IA ne vend que du rêve et des promesses, d’ici cinq ans, la raison devrait reprendre le dessus, ce qui laisse entrevoir la probabilité de l’éclatement d’une bulle de l’IA, comme ce fut le cas début 2000 avec Internet. À l’époque, on investissait véritablement dans du vent, mais aujourd’hui ce n’est plus le cas puisque l’on parle des infrastructures.
Les géants de la tech : Microsoft, Google, Amazon et Meta consacrent à eux seuls environ 665 à 695 milliards de dollars à leurs infrastructures pour l’année en cours. Une grande partie de cette enveloppe concerne les serveurs, les puces spécialisées dans l’IA, les data centers et les réseaux nécessaires pour les faire fonctionner.
Malgré des centaines de milliards d’investissement, l’IA reste toujours incapable de corriger des calculs mathématiques simples. © Praetorian Capital
Paroles, paroles, paroles…
Ces quatre industriels construisent simultanément des usines géantes pour plusieurs centaines de milliards de dollars, avant même de savoir exactement combien de produits ils pourront vendre. Et la facture ne s’arrête pas à la construction. Il faut ensuite alimenter ces centres en électricité, les refroidir, entretenir les équipements et surtout remplacer très régulièrement les puces et les serveurs devenus obsolètes.
Geoffrey Hinton, référence absolue de l’IA, prévient : l’intelligence artificielle n’est pas un outil, mais un successeur potentiel !
Destruction du travail, de l’économie, de l’esprit et guerres d’une violence excessive… L’un des parrains de l’IA accuse les géants de la tech d’inconscience par appât du gain et dresse un tableau noir d’une humanité dépassée par des IA devenues incontrôlables…. Lire la suite
Dans le secteur de l’IA, le matériel évolue si vite qu’un investissement informatique ne peut pas être amorti comme une autoroute sur plusieurs décennies. Autrement dit, malgré son omniprésence et sa popularité, l’IA rapporte peu à ses créateurs et sa rentabilité est encore très loin d’être acquise.
Alors, bien sûr, un scénario catastrophe n’est évidemment pas écrit. L’IA progresse très rapidement et ses applications également. Son essor pourrait créer des marchés aujourd’hui difficiles, voire impossibles à imaginer dans de nombreux domaines, mais pour le moment, cela reste toujours un pari sur l’avenir. Si la demande explose effectivement, l’investissement aura permis de prendre de l’avance. Si elle reste inférieure aux prévisions, le monde pourrait se retrouver avec des milliards de dollars d’infrastructures surdimensionnées pour rien…