Alerte avant le Q-Day : Claude Mythos a trouvé en 60 heures la faille d’un futur bouclier contre le quantique

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La sécurité de nos données les plus confidentielles est en danger. La menace n’est plus seulement l’informatique quantique, mais aussi l’intelligence artificielle. Claude Mythos vient de casser l’algorithme HAWK, un candidat prometteur pour la signature numérique post-quantique, en seulement 60 heures. Pour comprendre, il faut d’abord peser les enjeux de la cryptographie post-quantique. Actuellement, toute la sécurité des échanges sur Internet repose sur les algorithmes cryptographiques, notamment le chiffrement RSA avec des clés de 2 048 bits, et AES avec des clés de 256 bits, que ce soit pour les connexions HTTPS, les sauvegardes sécurisées ou les échanges de messages, entre autres.

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Ces algorithmes ont été choisis pour leur robustesse et sont quasiment impossibles à casser avec un ordinateur traditionnel. Toutefois, ce système est menacé par l’arrivée des ordinateurs quantiques. Ces machines utilisent des qubits et sont particulièrement performantes dans certains domaines, et moins dans d’autres. Ils pourront notamment utiliser l’algorithme de Shor pour casser le chiffrement RSA, et l’algorithme de Grover pour réduire la complexité du chiffrement AES de moitié. Le jour fatidique où les ordinateurs quantiques seront assez puissants pour effectuer ces opérations a été baptisé « Q-Day ».

Quand l’IA se mêle de la cryptographie post-quantique

La cryptographie post-quantique consiste donc à mettre au point de nouveaux algorithmes de chiffrement résistants à la fois aux attaques menées par les ordinateurs classiques et quantiques. Malheureusement, ou heureusement, nous avons désormais un troisième acteur : l’intelligence artificielle. Quand Anthropic a annoncé Claude Mythos, la firme a précisé qu’il était trop dangereux pour être accessible par le grand public, notamment parce qu’il est capable de repérer les failles dans les logiciels. Et il semble qu’il soit aussi capable de trouver les failles dans les algorithmes.

De nombreux chercheurs travaillent sur le problème, et certains algorithmes sont en cours d’évaluation avant une possible validation en tant que standard. Le NIST (National Institute of Standards and Technology) aux États-Unis a déjà mené deux séries d’évaluations et retenu neuf algorithmes pour la signature numérique au mois de mai 2026, dont HAWK, qui procèdent donc à la troisième série d’éliminations prévue pour durer deux ans. Malheureusement pour HAWK, c’est la fin. Claude Mythos est parvenu à y trouver une faille passée jusque-là inaperçue.

60 heures pour faire tomber le candidat HAWK

HAWK est basé sur le problème d’isomorphisme de réseaux euclidiens, et Claude Mythos a découvert une symétrie encore inexploitée, un automorphisme non trivial, ce qui réduit de moitié la complexité associée aux clés. Il suffirait donc de doubler la taille des clés, mais cela alourdirait le chiffrement, le rendant bien moins intéressant que ses compétiteurs. Pour y parvenir, Claude Mythos a travaillé pendant 60 heures, avec un coût d’utilisation de l’API d’environ 100 000 dollars. Suite à l’annonce d’Anthropic, le créateur de HAWK l’a retiré de la compétition.

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Claude Mythos a aussi trouvé une nouvelle attaque contre le chiffrement AES. Il s’agit, fort heureusement, d’une version simplifiée et limitée à 128 bits, utilisée par les chercheurs pour étudier l’algorithme. Cette version utilise habituellement un chiffrement en dix tours, mais les chercheurs étudient le plus souvent une version à sept tours. En faisant appel à une technique baptisée pont de Möbius, l’IA est parvenue à améliorer la meilleure attaque connue, la rendant 200 à 800 fois plus rapide. Les chercheurs ont ensuite eu besoin de plusieurs centaines d’heures pour comprendre et valider cette attaque.

Explication du fonctionnement du chiffrement AES. © Mickaël Dupont

Avertissement salutaire ou menace pour nos futures données ?

La bonne nouvelle est que cela n’affecte en aucun cas les systèmes de chiffrement actuels. De plus, cela devrait améliorer la sécurité du chiffrement post-quantique en éliminant les algorithmes candidats contenant des failles. Toutefois, rien n’exclut que des versions futures des modèles d’IA ne découvrent de nouvelles failles dans les algorithmes après leur adoption, ou même dans ceux utilisés actuellement.

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