Douche froide pour Apple en Bourse

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Mercredi soit, Apple avait lancé un avertissement sur ses résultats – une rareté puisque c’est la première fois que cela arrive en près de vingt ans – et la sanction ne s’est pas fait attendre. L’action a ouvert en baisse de 8,83 % à Wall Street, entraînant un chute de 66 milliards de dollars de valeur en Bourse. Ce n’est pas un record pour une entreprise américaine, puisqu’en juillet dernier, Facebook avait perdu plus de 100 milliards de dollars en une séance , mais cela confirme la crise de confiance que le groupe traverse en Bourse. Le titre perd à présent 37,8 % depuis son record historique du 3 octobre.

Le géant américain des produits électroniques a en effet revu en baisse ses prévisions de chiffre d’affaires pour le dernier trimestre de 2018, le plus important de l’année pour le groupe, en raison des fêtes de fin d’année. En cause, les ventes décevantes d’iPhone, que le groupe attribue à la faiblesse de la croissance, notamment dans les émergents et à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Mais un analyste du cabinet IDC met aussi en cause le prix « trop élevé, au-delà de la barre des 1.000 dollars », des iPhones en Chine.

« En réalité, l’avertissement d’Apple n’est pas une surprise », juge Aurel BGC, qui rappelle « la multiplication des signaux ces dernières semaines », notamment sur le « succès très mitigé des nouveaux modèles d’iPhones ». Pour le courtier, « la réelle surprise vient plutôt du message d’Apple sur la Chine », qui semble suggérer deux choses. D’abord que les entreprises américaines ne sont pas immunisées par la guerre commerciale avec la Chine. Ensuite que « les consommateurs chinois, de nature assez nationaliste parfois, boycottent de plus en plus les marques américaines ».

Tensions en Asie

Le coup de fatigue d’Apple a eu aussi des conséquences sur les marchés européens. Les principaux sous-traitants du fabricant de l’iPhone chutent en Bourse. Sur le CAC 40, STMicroelectronics affiche un repli de 10,26 %, alors que le britannique Dialog Semiconductor perd 8,7 % et que l’autrichien AMS plonge de 20,40%.

L’onde de choc s’est fait aussi ressentir sur les valeurs asiatiques, qui fournissent des composants à Apple, même si les sanctions sont moins fortes. Le sud-coréen SK Hinix perdait tout de même 4,8 %, alors que l’indice TAIEX Electronics de la Bourse de Taiwan affichait un repli de seulement 1,2 %. Hon Hai Precision Industry (Foxconn), qui assemble les iPhone, perdait 1,7 %, Pegatron Corp 1,2 % et le géant Taiwan Semiconductor Manufacturing Co (TSMC) limitait son repli à 1,8 %.

Ces groupes semblent moins dépendants d’Apple, notamment en raison de leur implication dans la chaîne de valeur des concurrents de la firme de Cupertino, comme Samsung, Huawei ou Xiaomi. Par ailleurs, alors que les inquiétudes sur les ventes d’iPhone sont récurrentes depuis quelques mois, ces sous-traitants avaient déjà réalisé des avertissements sur leurs ventes.

Apple tombe du podium

La chute de l’action Apple a aussi pour conséquence de faire tomber le groupe créé par Steve Jobs du podium des plus grosses capitalisations du monde. Déjà rétrogradé ces derniers mois  derrière  Microsoft et Amazon, Apple est dépassé par le propriétaire de  Google avec une capitalisation de 679 milliards de dollars contre 724 milliards pour l’action Alphabet. 

Cet été, Apple avait été la première société cotée à dépasser le cap des  1. 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. En trois mois, sa valeur boursière a fondu de 440 milliards de dollars, soit plus que celle de Facebook, sixième plus grosse société cotée du monde. 

Conséquence de l’avertissement d’Apple, la banque australienne Macquarie a abaissé sa recommandation sur le titre à « neutre ».

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