Japon : Apple offre des cartes cadeau pour commencer l’année

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@pat3

Je pense être qualifié pour répondre à la question. Mon premier Mac était un SE/30 en 1987, puis j’ai eu quasi tous les modèles (même des modèles rares comme le TAM) car j’étais dans le pré-presse, puis le « multimédia », puis l’internet (et j’y suis toujours).

J’ai connu le Apple de Steve Job, celui sans Steve, puis le retour de Steve, puis l’Apple de Tim. J’ai été l’agence de communication d’Apple pour quelques projets, ils ont sponsorisé mon émission de télévision et j’ai même formé leur vendeurs. J’ai interviewé Steve Jobs a deux reprises, et je connais tellement bien Apple qu’on m’interview régulièrement dans la presse a son sujet.

L’Apple du passé est idéalisé par ceux qui ne l’ont pas vraiment connu. J’ai souffert des chaînes SCSI et de leurs bouchons, les Macs plantaient non-stop a cause d’extensions systèmes, de barrettes de RAM pourries. Les disques durs devaient régulièrement reconstruire leur index, à tout moment ils pouvaient deconner. Les updates systèmes sortaient n’importe quand, et mettaient le souk dans la compatibilité avec les extensions et pas mal d’applications.

Ils sortaient régulièrement du matériel qu’ils abandonnaient rapidement comme le QuickTake 100 (mon premier appareil photo digital, ADB only et codec disparu), des claviers et souris ADB rendus obsolète a la sortie de l’iMac, des périphérique SCSI (scanner, disque amovibles, …) rendu obsoletes, des cartes Nubus, le lecteur de CD-Photo Philips, la console de jeu Pippin, le Macintosh TV, des cartes PCMCIA, … la liste est longue comme le bras. C’était une course permanente à l’obsolescence et à l’incompatibilité.

Mais le Mac était un outil magique aux possibilités fantastiques qui permettait de créer des trucs fantastiques et hors d’atteinte avant le Mac (magazines, livres, cd-rom, vidéos, websites, …). Bref l’outil avait ses défaut mais il était irremplaçable. En gros on s’en foutait des problèmes, on les contournait, on vivait avec. On était des professionnels ou des passionnés et on avait que ça a faire: creuser les possibilités et limitations techniques de nos bécanes.

Puis l’iMac est arrivé et il s’est agit d’utiliser l’ordinateur pour consommer de l’information et du multimédia, une télé interactive pour les masses populaires. Les acheteurs ont changé. Il ne s’agissait plus de l’élite des créatifs et informaticiens, mais du grand public. Et Apple a commencé à être critiqué à la moindre complication, au plus petit bug. Il fallait que le Mac soit aussi simple à utiliser qu’un grille pain pour graver des CD (les anciens comprendrons).

Puis l’iPhone est arrivé. Et la, le moindre but prenait des proportions dantesques. Le plus petit ralentissement et c’était la révolution dans les chaumières. Puis l’iPad, le premier ordinateur utilisable par des bébés. Tellement simple que les grands parents, les profs, les enfants ont pu l’utiliser. Ses possibilités ont été rabotées, mais à ce prix cet ordinateur est quasi infaillible. Il ne plante jamais.

L’Apple d’aujourd’hui n’a jamais été aussi bon techniquement. Leur logiciels sortent à un rythme jamais atteint sous Steve Jobs (qui se mêlait de tout), et ils n’ont jamais été aussi peu buggés. Le Matos est d’une qualité inimaginable comparé au passé (de plastic), et les prix sont ridiculement bas par rapport au coût invraisemblables des produits Apple s’il y a 20 ans. Une imprimante coûtait le prix d’une voiture. Et mon premier Mac, j’ai mis 2 ans à le payer.

Ce qui a changé c’est qu’Apple s’adresse désormais au tout grand public, incompétent en informatique. Que leur prix ont baissé ce qui les rends accessible à des gens sans aucune compréhension des fondations techniques, de la complexité de cet ensemble de logiciels, qui ont une compréhension mystique de l’informatique. Et ces gens attendent d’outils incroyablement sophistiqué, plus que ce que l’humanité n’a jamais conçu. Plus qu’une fusée interplanétaire, plus qu’un avion de ligne, plus qu’une centrale nucléaire… et les utilisateurs sans rien y comprendre exigent une infaillibilité et des innovations constantes à des prix dérisoires.

Apple n’a jamais été aussi créative, aussi performante, mais ses clients ont terriblement changé.

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