Le « Q-Day » se rapproche : deux études font trembler la sécurité d’Internet et des blockchains

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Les ordinateurs quantiques ont un fonctionnement très différent des ordinateurs classiques. Ils se basent sur des qubits, des bits quantiques, et sont incroyablement performants dans certains domaines, mais très mauvais dans d’autres. Ils ne vont pas remplacer les ordinateurs classiques, mais seront utilisés en complément. Toutefois, l’un de leurs points forts est l’algorithme de Shor, la factorisation d’un entier naturel.

Cet algorithme pourra permettre de casser certains types de chiffrement très utilisés sur Internet, notamment le RSA, ainsi que la cryptographie sur les courbes elliptiques, dont l’ECDSA qui est utilisé dans de nombreuses blockchains.

Toutes les données chiffrées pourraient être ainsi exposées, et des chercheurs travaillent sur une cryptographie post-quantique, résistante aux ordinateurs quantiques, depuis des années. Ces recherches sont désormais un peu plus urgentes : deux nouveaux articles offrent une nouvelle approche de l’algorithme de Shor.

Le Q-Day : une échéance de plus en plus proche

Le premier article provient de Google Quantum AI. Les chercheurs ont optimisé l’algorithme pour les signatures Bitcoin et Ethereum. Avec cette nouvelle approche, il suffirait d’un ordinateur quantique doté de 1 200 qubits logiques pour briser le chiffrement. Avec la technologie actuelle, cela représente environ 500 000 qubits physiques et pourrait ne nécessiter que quelques minutes. Nous n’y sommes pas encore, le record est actuellement à 6 100 qubits physiques. Mais ce n’est qu’une question de temps.

Le second article provient d’Oratomic, une entreprise qui compte d’anciens de Google et Caltech. Ils ont travaillé avec des qubits atomiques reconfigurables pour réduire les besoins en qubits physiques pour la correction d’erreurs. Combiné à d’autres optimisations, cela permet de briser le chiffrement basé sur la courbe elliptique P-256 avec seulement 10 000 qubits physiques. Ce serait très long, mais avec 26 000 qubits il suffirait d’une dizaine de jours. Cela s’appliquerait aussi au RSA-2048, mais avec un temps de calcul 10 à 100 fois supérieur.

Si ces deux articles ne mettent pas encore à mal le chiffrement actuel, ils montrent que le « Q-Day », le jour où les ordinateurs quantiques menaceront la sécurité numérique, approche à grands pas.

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