L’IA aspire des milliards pendant que l’économie ralentit : ce graphique révèle une situation effrayante

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À travers le monde, les économies vont mal. Les prix augmentent, ainsi que les dettes, et beaucoup de secteurs sont en crise. Mais s’il y a bien un secteur qui connaît une croissance fulgurante, c’est l’intelligence artificielle. Derek Thompson, ancien journaliste à The Atlantic, s’est intéressé de plus près à ces chiffres aux États-Unis et montre à quel point le contraste est saisissant.

Les data centers sont un gouffre énergétique : mais leur principal défaut pourrait devenir leur meilleur atout

Les datacenters, piliers du numérique, sont des infrastructures gourmandes en ressources et se multiplient en France. Leur impact sur les sols, l’eau et l’énergie inquiète et génère des tensions locales, notamment autour du foncier ou de l’électricité. Leur localisation et leur conception ne pourraient-elles pas être repensées pour en faire des acteurs de la transition énergétique, en devenant des producteurs de chaleur et d’énergie pour les territoires, plutôt que d’être des sources de conflits ?… Lire la suite

La construction peut servir d’indicateur de la santé de l’économie, et un graphique publié par l’économiste Jason Furman montre que les dépenses dans ce secteur diminuent sur toute la ligne, sauf pour la construction de centres de données, en hausse de 64,5 % par rapport à l’année dernière, et pour la production d’énergie, nécessaire pour les alimenter.

L’évolution des dépenses pour la construction aux États-Unis. © @jasonfurman.bsky.social

Où vont réellement les dépenses pour l’IA ?

Bien entendu, ce graphique compare l’évolution des dépenses, et non leurs montants réels. Toutefois, cela révèle un effet de bulle. Un autre graphique dévoile les détails des sommes investies dans l’IA, appelée l’AI Capex. Pour 100 dollars investis, seuls 7,5 dollars vont à la construction des infrastructures, tandis que 65 dollars vont à l’achat des puces, de la mémoire et des équipements réseau. 27,5 dollars servent au fonctionnement, à savoir la facture énergétique et le refroidissement.

La répartition des dépenses liées à l’IA. © Andreessen Horowitz

Les entreprises qui gèrent les plus grands centres de données sont baptisés AI hyperscalers pour « hyperscale datacenters ». Selon le Financial Times, ils devraient dépenser 800 milliards de dollars en 2026, un chiffre qui devrait monter à 1 100 milliards de dollars en 2027. Et pourtant les revenus ne suivent pas. Les hyperscalers auraient besoin de générer des revenus annuels de l’IA de 300 milliards de dollars, en plus de leurs revenus liés aux autres activités, pour amortir leurs investissements. Actuellement, ce chiffre est de seulement 70 milliards. Pour atteindre un bénéfice de 30 %, il leur faudrait gagner 636 milliards de dollars par an grâce à l’IA, soit 10 fois leurs revenus actuels.

La situation actuelle tient grâce à une frénésie d’investissement, mais si elle ralentit, c’est toute la bulle de l’IA qui pourrait éclater.

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