En Ukraine, sur terre, dans les airs et dans l’eau, les robots et les drones ont progressivement pris la place des soldats et s’affrontent désormais directement. Les exemples ne manquent pas pour les drones aériens et, si les robots terrestres ont déjà, à eux seuls, pris des positions russes, les drones navals étaient jusqu’à présent surtout utilisés pour attaquer des navires, des ports ou des infrastructures. En mer Noire, ils viennent de franchir un nouveau cap : le combat naval. Le 12 septembre, la marine ukrainienne a annoncé qu’un Sargan-3000 avait intercepté et coulé un drone naval russe.
La scène, filmée et diffusée par les Ukrainiens, montre le Sargan-3000 approcher du drone russe avant d’ouvrir le feu. L’engin ukrainien était équipé d’une tourelle téléopérée, armée d’une mitrailleuse de 12,7 mm. La salve a suffi à couler le bâtiment russe de type Orcan.
Vidéo du combat naval entre les deux drones. © Euromaidan Press
Les robots s’en vont en guerre
Habituellement, les drones navals sont dédiés aux attaques suicides. Ils se ruent vers leur cible pour exploser. Certains de ces engins peuvent également embarquer des roquettes défensives pour se protéger d’une attaque aérienne afin de mener à bien leur mission. Et justement, il est arrivé au moins une fois qu’un de ces drones détruise un hélicoptère russe avec ce genre de munition.
Dans le cas du Sargan-3000, pas de sacrifice pour détruire l’adversaire : la tourelle lui a permis de se tenir à bonne distance de son adversaire pour le détruire. Le Sargan peut, par ailleurs, recevoir d’autres équipements, notamment des systèmes de guerre électronique ou de défense antiaérienne.
Vers de nouvelles tactiques
Cette évolution répond à des attaques russes de drones navals russes. Ils sont régulièrement employés contre les ports et les bâtiments ukrainiens. Certains peuvent être accompagnés de drones aériens capables de surveiller la zone et de relayer les communications, ce qui complique leur interception.
Étant donné que cette guerre engendre une adaptation perpétuelle aux nouvelles menaces, cette première confrontation laisse présager un changement de tactique maritime pour les deux camps. À l’avenir, il pourrait bien y avoir des escortes de drones navals par d’autres drones navals, de la chasse aux bâtiments autonomes, une surveillance permanente des approches maritimes et, pourquoi pas, une utilisation de l’intelligence artificielle pour détecter et engager automatiquement une cible. Comme le ciel et le sol ukrainiens, la mer Noire devient ainsi un véritable laboratoire de la guerre navale du futur.