À première vue, les IA semblent absentes des grandes saga de sciencefiction que sont Star Wars et Star Trek. Pourtant, ces univers sont en fait remplis d’IA. Elles sont partout, mais elles ne ressemblent pas tout à fait à celles dont nous disposons actuellement. En effet, il n’y a pas d’IA centralisée omnisciente, nécessitant de gigantesques centres de données, et visant à devenir indispensable. On y trouve plutôt deux formes : les premières sont des agents invisibles, et les secondes sont incarnées dans les robots.
Des agents spécialisés invisibles intégrés dans les machines.
La première catégorie est constituée par des agents intégrés aux machines, qui interprètent les ordres vocaux et les exécutent, sans perdre de temps dans de longs dialogues inutiles. Considérons par exemple la commande : « calcul une trajectoire vers Aldebaran ». C’est bien de l’IA, car la technologie doit être capable de comprendre dans un environnement bruité, de reconnaître celui qui la formule, de trouver les données nécessaires et d’effectuer des calculs sophistiqués avec une multitude de paramètres contextuels et de contraintes.
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Les IA sont décentralisées et incarnées dans les robots.
La seconde catégorie, la plus visible, est celle des robots, à l’instar de la multitude de « droïdes » dans Star Wars. La grande différence avec les IA actuelles est bien évidemment le fait d’être incarnée dans un « corps », luimême évoluant dans le monde physique réel et non limité. Cette relation au monde, qui manque aux IA actuelles, est pourtant essentielle à une véritable intelligence. Ces robots ont de multiples formes, machiniques, animaloïdes ou humanoïdes, mais toujours adaptées à leurs fonctions.
Dans un autre registre, il y aurait bien HAL dans 2001 l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, mais là encore il ne s’agit pas d’une IA totalement désincarnée. En effet, HAL n’est pas réductible à un algorithme dans un superordinateur : il a un corps. Ce corps c’est le vaisseau Discovery, auquel son « cerveau » est totalement connecté.
C-3PO est un droïde de protocole de forme humanoïde, particulièrement bavard « maîtrisant plus de six millions de formes de communication ». Il donne une petite idée de ce que pourrait être un robot humanoïde doté d’un LLM. © Source Lucasfilm.
Dans le cas de Star Wars, les IA sont décentralisées et incarnées dans des corps robotiques. La plupart sont strictement utilitaires, même si certains, comme D2-R2 ou C-3PO, ont développé une forme de conscience. Si l’on met de côté les robots militaires, tous les autres sont des machines spécialisées, des assistants, des serviteurs zélés, des compagnons, dont le seul but est de fournir des services et de faciliter ainsi l’exécution des tâches réalisées par les humains. En aucun cas, ils ne les remplacent. L’humain
reste sur le devant de la scène. Une mise en perspective dont les développeurs d’IA devraient s’inspirer.
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