Un processeur de spin à 18 qubits pourrait permettre à l’informatique quantique de changer d’échelle

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C’est tout simplement le plus grand processeur à qubits de spin semi-conducteur jamais réalisé. Pour Groove Quantum, cette avancée majeure coïncide avec une levée de fonds d’amorçage de 16 millions d’euros, qui va lui permettre d’accélérer le développement de sa plateforme.

Alors que de nombreuses approches en informatique quantique reposent sur des circuits supraconducteurs ou des ions piégés, cette start-up innovante mise sur le germanium, un matériau que l’entreprise considère comme particulièrement adapté à la production de masse.

Tirer parti des procédés de fabrication existants

Outre sa taille, ce processeur à 18 qubits démontre aussi son évolutivité intrinsèque, tant au niveau de sa conception que de ses protocoles opérationnels. Ce dispositif à 18 qubits a été pensé pour pouvoir être implémenté dans une architecture extensible conçue pour la mise à l’échelle. La puce est construite selon une disposition qui peut être assemblée en processeurs plus grands, et à partir de la technologie semi-conductrice compatible CMOS, la même que celle de tous les CPU et GPU modernes.

Cette priorité accordée à la fabricabilité est un point particulièrement important compte tenu des défis que représentent la construction et le contrôle d’un grand nombre de qubits. Alors que de nombreuses entreprises d’informatique quantique développent des architectures toujours plus complexes, Groove Quantum privilégie la compatibilité avec les procédés de fabrication de semi-conducteurs existants.

En tirant parti des procédés industriels existants, l’objectif est de s’affranchir de la nécessité de construire de nouvelles installations de fabrication entièrement nouvelles, ce qui constitue un frein à la production à grande échelle d’ordinateurs quantiques.

L’importance du germanium

Le choix du germanium comme matériau de base marque également un tournant, compte tenu de ses propriétés uniques pour la création de qubits.

Contrairement au silicium, ce métalloïde semi-conducteur possède de nombreux atouts en matière de cohérence de spin, essentielle au maintien de l’information quantique. De ce fait, le potentiel de ce matériau pour surmonter les limitations actuelles est incontestable.

Ses qubits sont suffisamment grands pour être contrôlés et connectés de manière fiable et pourtant, avec une taille de quelques centaines de nanomètres, suffisamment petits pour être densément intégrés. Cette combinaison pourrait faciliter la construction des systèmes quantiques à grande échelle nécessaires aux applications concrètes.

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