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« Cette audition a pour objectif de créer les conditions pour que puissent émerger les prochains Google, Facebook, Amazon ou Apple », a prévenu David Cicilline, le président du sous-comité sur la concurrence de la Chambre des représentants des Etats-Unis, qui a convoqué, mardi 16 juillet, des représentants des quatre géants du numérique. Né il y a trente ans, le Web a « révolutionné nos vies » et « lancé la croissance » de ces quatre entreprises « nées dans des garages » et « devenus des symboles de la grandeur de notre pays », a rappelé l’élu démocrate, avant de durcir le ton. « Aujourd’hui, nous nous inquiétons de plus en plus que des pratiques anticoncurrentielles du secteur mettent en danger les PME de ce pays », a-t-il déclaré, soulignant qu’aucun des 436 rachats d’entreprises par ces quatre grands groupes n’avait été interdit et aucune enquête antitrust n’a abouti à des sanctions, depuis le cas Microsoft, en 1998. « Les Etats-Unis risquent de perdre leur capacité d’innovation », a-t-il mis en garde.
Malgré ce préambule, l’audition parlementaire s’est révélée un peu décevante : certaines questions ont montré une méconnaissance de la part des élus – « Pourquoi un enfant de 9 ans préfère-t-il regarder une vidéo de quelqu’un jouant à Fortnite plutôt que de jouer lui-même ? », a demandé l’un d’eux. Peu d’éléments nouveaux ont émergé, ainsi que peu de solutions législatives concrètes. Mais la session de près de deux heures a permis de mesurer le degré d’hostilité – bipartisan, mais un peu plus élevé chez les démocrates – des représentants et leurs points d’inquiétude. De plus, cette audition n’est que le début de l’enquête du sous-comité. Surtout, celle-ci s’accompagne d’autres enquêtes et réflexions sur le droit de la concurrence appliqué au numérique.
« Amazon n’est-elle pas en conflit d’intérêts ? », a demandé M. Cicillin, sous-entendant que l’entreprise de Jeff Bezos pouvait utiliser les données à sa disposition pour favoriser ses produits par rapport à ceux d’autres marchands aussi distribués sur son site. « Je ne suis pas d’accord. Nous ne nous servons pas des données sur des marchands individuels », a répondu Nate Sutton, conseiller d’Amazon pour les questions de concurrence. Vendre ses propres produits en tant que distributeur est courant dans la grande distribution, a-t-il ajouté. « Oui, mais vous pouvez manipuler vos algorithmes et vous avez accès à une quantité incroyable d’informations sur ce qui se vend sur votre plate-forme, vous ne vous en servez pas ? », a riposté M. Cicilline.