Cette puce dans votre poche semble anodine : elle peut envoyer des SMS à votre insu et déclencher des actions à distance

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La première carte SIM a été créée en 1991. Trente-cinq ans plus tard, cette petite puce à l’apparence si simple et anodine se révèle être un nouveau vecteur d’attaque pour des individus malveillants. Une étude, menée par des chercheurs de l’université de Birmingham au Royaume-Uni et présentée cette semaine à la conférence Usenix Woot, dévoile une méthode pour utiliser une carte SIM afin de pirater un appareil.

Les chercheurs se sont intéressés aux commandes AT, des instructions envoyées par la carte SIM au modem de l’appareil. Ils ont testé au total dix-huit smartphones et huit objets connectés dotés d’une connectivité mobile, et découvert qu’une carte SIM compromise peut effectuer un certain nombre d’actions. Celles-ci incluent envoyer des messages ou passer des appels, activer une interface de débogage, exfiltrer des informations sensibles comme l’identifiant de l’appareil, forcer le passage en 2G, moins sécurisé, ou encore éteindre l’appareil ou désactiver les données mobiles.

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La puce peut même faire exécuter des commandes, ce qui se traduit sur un smartphone Android par l’ouverture d’une page Web sans interaction de l’utilisateur.

Du logiciel à l’opérateur : comment une carte SIM est-elle compromise ?

Ces attaques utilisent les commandes AT telles qu’elles sont prévues, et n’exploitent aucune faille cachée. La seule difficulté est de prendre le contrôle de la puce. Pour cela, les chercheurs envisagent quatre scénarios : exploiter des failles dans le logiciel de la carte SIM, la remplacer physiquement, modifier la puce pendant la fabrication ou encore compromettre l’opérateur mobile qui pourra gérer la carte SIM à distance.

Compromettre des cartes SIM pendant leur fabrication n’est pas si farfelu. L’Europe envisage déjà de bannir les onduleurs solaires chinois pour des raisons de sécurité, notamment le risque d’une porte dérobée.

Un fabricant à la solde d’un gouvernement pourrait très bien glisser une porte dérobée dans une carte SIM pour permettre l’espionnage ou même une attaque à grande échelle. Et il ne s’agit pas que de smartphones. Certains de ces appareils connectés sont des modules intégrés dans des chargeurs de voitures électriques, des véhicules connectés ou encore des équipements industriels.

Les chercheurs indiquent avoir contacté la GSM Association et les constructeurs, et certains ont déjà publié des mises à jour.

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